‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 22 sur 97 · LES OISEAUX DE U GRENADIÈRE · texte numérisé non relu

LES OISEAUX DE U GRENADIÈRE

Air .

Gomme en ses vœux Thomme s* abuse !

Le ciel permet qu*en ce réduit, Disaisrje d'une yoix qui s*use, Mes derniers jours coulent sans bruit.

Et de ces murs le sort m*exile.

Adieu, fleuye, arbustes et fleurs, Vous, de mes fruits joyeux voleurs,

* La Grenadièrey petite habitation sur les bords de la Loire, vis-à-vis de Tours, décrite avec Tadmirable talent qu^on lui comidt par M. de Balzae, qui y avait demeuré q[nelque temps avant moi. Le propriétaire de cette agréable maisonnette, Teicellent M. de Longpré, k qui il n*a pas tenu qœ j^y prolongeasse mon séjour, a respecté les plantations qu'il m'avait permis d'y faire.

Oiseaux qui charmez cet asile* Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant TÉtemel a souri.

J'entends un oiseau me répondre :

c< Ami, pourquoi t'afUiger tant?

« Sur nous Torage vient-il fondre, « Un abri partout nous attend.

« Quand l'hiver, qui tout décolore, « Dépouille jardins et forêts, « Il reste encor quelques cyprès «D'où nos voix réveillent l'aurore. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant l'Éternel a souri.

(( La pauvreté, sombre nuage, <c Bientôt, dis-tu, fondra sur toi.

a Jeune, tu bravais son passage ; « Au soleil n'as-tu donc plus foi?

« Crois-nous, quelques routes nouvelles « Que ton vol prenne en son essor, ce Si le nuage crève encor.

Bi$,

a Un rayon séchera tes ailes. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant FÉtemel a souri.

a Tu nous as chanté, sous ces treilles, «L'aigle expirant, captif des mers.

(K Apprends d'infortunes pareilles « A subir de communs reyers.

«Ya gaiement où le sort te pousse, «A la ville ou dans un chalet, a Pour ton nid, pauvre roitelet, <c Que te faut-il? Un peu de mousse. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant rÉtemel a souri.

a La fin de tout, nul ne Tignore.

a D'avance tu sauras quitter a Ces rosiers qui sont près d'éclore, « Ces arbres qu'on t*a vu planter.

« Lorsque à partir tu te disposes, « Un corbeau te crie à l'écart :

«Pour parer les tombeaux, vieillard,

« Dieu partout a semé les roses. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant FÉtemel a souri.

Oiseaux, merci! Rome fut sage

De YQUs consulter autrefois.

Je vais au plus prochain rivage

Vivre en un coin, sous d'humbles toits.

Ici, vous qui du vieil ermite

Picoriez en paix les raisins.

S'il a des arbres pour voisins.

Venez charmer son nouveau gîte.

Oiseaux, .ta. Peuple heum,x « chéri, , ^ En vous créant rEtemel a souri.

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