LES DÉFAUTS
L'homme, à soixante ans, calme et grave, Au coin de son feu devient roi.
Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi, Sous le plaisir vivre en esclave.
Vous qui sur nous veillez d*en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Bis,
Oui, si j*ai subi Texigence De mes défauts, tyrans nombreux.
Je leur dus bien des jours heureux, Doux larcins faits à Tindigence.
Tous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
2iO CHANSONS
Dans les jours d'aimables féeries On monte au ciel des deux côtés.
Nous poussons à bout nos gaietés, A bout nos tendres rêveries.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Aujourd'hui ma santé me touche.
A table veut-on me fêter, L'aï ne me fait plus chanter, Et je lui fais petite bouche.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Je verrais danser vingt grisettes Sans penser à rien tout un soir; Sans même essuyer, pour mieux voir, Les vieux verres de mes lunettes.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Donnez-moi quelque bon défaut.
J'ai trop égayé la satire; Ce tort, je dois le réparer.
DE 6ÉBANGER. 24!
Mais sur ce monde il faut pleurer Sitôt qu*on n'ose plus en rire.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelqu3 bon défaut.
Perfide erreur de ma jeunesse, Que, bras ouverts, couronne en main, La Gloire m'accoste en chemin.
Je lui dirai : Passez, drôlesse!
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Hélas ! mes vertus me désolent ; Mais Tâge, qui les fait fleurir, M'ôtc la force de courir Après mes défauts qui s'envolent.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, } Rendez-moi quelque bon défaut.
Bit.
iff
Ul CHANSONS