‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 59 sur 97 · LE ROSIER · texte numérisé non relu

LE ROSIER

An

Toi dans ce lieu, toi dans la porcelaine!

Que je te plains, joli rosier!

Celte salle pompeuse est pleine D'un monde envieux et grossier Qui te souille de son haleine : C'est le palais d'un financier.

Que je te plains, joli rosier!

Ici naguère apporté du village,

De l'or tu subis le pouvoir.

Ce banquier veut qu'à son passage " Pour lui tu fleurisses ce soir.

De ton parfiim fais-lui l'hommage,

Comine au Très-Haut fait l'encensoir.

De l'or tu subis le pouvoir.

m BÉRÂNGER. 245

Sous ce grand lustre à la flamme irisée, Arbuste aimé, lu vas mourir.

Plaint-il, ce juif, âme blasée, Ceux que son faste fait souffrir?

Prive d'air pur et de rosée.

Ah! nVspère pas Tattendrir.

Arbuste aimé, tu vas mourir.

Mais près de toi passe un jeune poëte, Dans ce palais resplendissant ; II courbe aussi sa noble tête Devant le riche tout-puissant.

Des fièvres d'or de cette fête Il est saisi rien qu'en passant, Dans ce palais resplendissant.

Ainsi que toi ce séjour l'empoisonne.

Dieu vous rende à son beau soleil !

Le luxe qui vous environne Va flétrir, en un temps pareil, Et sa poétique couronne Et ton diadème vermeil.

Dieu vous rende à son beau soleil !

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