L*ANGE
Non ; mais sais-tu combien sur le malheur
Elle a versé d'espérance et de rêves ; Combien versé de baume à la douleur !
Le pauvre, en songe, atteignait aux délices Des plus grands rois ; Dieu point ne le défend : Ce Dieu qui sait de quoi pleure l'enfant, Et qui bénit le doux chant des nourrices.
Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.
Yient un savant que la vapeur amène.
La fée en rose était changée alors.
U s'en saisit, l'effeuille; ô phénomène!
Son doigt la tue : à ses pieds roule un corps.
Un corps de vierge à la beauté divine.
La mer, dit-il, jusqu'ici Ta jeté.
Car la science, aveugle majesté.
Me croit à rien qu'au peu qu'elle devine.
Sous un ciel sombre et les vents et les flots
Poussent au loin de funèbres sanglots.
Le savant passe. Elle, aux concerts célestes, Monte en esprit, et d'énormes oiseaux Tiennent creuser une fosse à ses restes.
Ya croître un if où dormiront ses os.
Sur les débris d'un antique trophée, Ombre immortelle, un barde en ce moment Apparaît là : Guerrier, poëte, amant, Pleurez, dit-il : vous n'avez plus de fée.
Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.
Je vois dans l'air tous les dieux de l'Attique ; Tous ceux du Nord, du Nil et de l'Indus.
Ces vieux parents de la vierge celtique Vont l'entourer d'honneurs qui lui sont dus.
Prêtre, ainsi qu'eux du ciel favorisée.
Elle eut pour sœur la vierge que tu sers.
Dieu brille au fond de vos cultes divers.
Gomme l'aurore aux gouttes de rosée.
Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.
LE PBÊTftB.
Mais de son culte à peine a-t-on mémoire :
Gontre l'oubli Dieu défend ses desseins.