‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 70 sur 97 · LA DERNIÈRE FÉE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE FÉE

Aia ifÂgéline.

Près du rivage où le druide austère, Chez les Bretons, ensevelit ses dieux, Au vieux curé, qui bêche son parterre, Yient d'apparaître un messager des cieux.

C'est un ange. Oui : l'auréole, les ailes.

Tout le lui prouve. Il se signe, et soudain.

Malgré la brume, il voit dans son jardin Oiseaux s'ébattre et fleurs briller plus belles. Sous un ciel sombre et les vents et les flots \ Poussent au loin de funèbres sanglots. )

Parmi ses fleurs l'ange aussitôt moissonne.

Âh! dit le prêtre, il veut parer nos saints.

L'ange sourit : Pour mettre une couronne Sur un tombeau, je te fais ces larcins.

Dit-il. Entends des plaintes étouffées Traverser Tair; vois ce ciel triste et noir.

Dans Panse où croule un noble et vieux manoir. Vient de mourir la dernière des fées.

Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.

LE PnÊTRE.

Comment! chez nous, encore un pareil être!

l'akge.

Certes ; bien loin des savants, des penseurs. Sous le dolmen qui jadis la vit naître, Dieu lui permit de survivre à ses sœurs.

Croire à sns dons tenait lieu d^abondance; D'heureux efforts naissaient de vœux ardents ; Même à sauver vos pécheurs imprudents La bonne fée aidait la Providence.

Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.

LE PRÊTBE.

Ses dons jamais n'ont fécondé nos grèves.

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