MES FLEURS
Am : Charmant ruisseau. ,
Modestes fleurs, empressez-vous d'éclore :
Déjà bien vieux, j'ai hâte. de vous voir.
De votre éclat, vite, égayez Taurore ;
De vos parfums, vite, embaumez le soir. * * ; •
Fleurir demain serait trop tard peut-être:
Pour les vieillards tout flot cache un écueil. Ce beau soleil, qui vous invite à naître, Peut, dès demain, briller sur mon cercueil.
Bk\
Le choléra revient, affreux vampire, Typhus vengeur de Tlndien opprimé.
closez donc, fleurs; que du moins j'aspire i{ Son noir venin dans un air parfumé. • ' -
Bis.
S4ft CHANSONS
Grondent encor les canons dans la ville ; D'horribles cris nos échos sont tremblants !
Si jusqu'ici vient la guerre civile, Croissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants.
Fleurs, vous aussi, vous avez vos souffirances. Le ver est là ; le vent peut accourir.
Moi, qui longtemps ai vécu d'espérances.
Que de boutons j'ai vus ne pas fleurir!
Ne craignez pas que ma main vous moissonne.
Vieux, je n'ai plus de bouquets à donner.
De vous mon front n'attend plus de couronne; Je pars en roi qu'on vient de détrôner.
Las du combat, des folles théories, Las de nombrer les taches du soleil, Que n'ai-je enfin, sous vos tiges fleuries.
Un lit creusé pour mon dernier sommeil !
Mais, près de vous, fleurs au tendre langage, Si de ma mort, ici, j'atteins le jour,
Bù,
Bis.
Bii,
Bis.
Puisse un parfum, souvenir du jeune âge, Ce jour encor me reparler d'amour!
Modestes fleurs, empressez-yous d'éclore :
Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir.
De votre édat, vite, égayez l'aurore ; De vos parfums, vite, embaumez le soir.
Bis.
Bis.