‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 9 sur 97 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

Garde-t'en bien : c'est un péché.

Allons plutôt vendre au marché Les olives de notre mère*.

L'éGTPTIENlIB.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, BU. Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

Les chevaux s'arrètant d'eux-mêmes, Voyez, dit-elle en souriant, J'ai, pour braver les anathèmes, Tous les secrets de TOrient.

Malgré l'aîné, qu'elle intimide, Le plus jeune, au regard altier, S'avance alors : — Femme intrépide, Vous avez vu le monde entier?

l*£gtptienke.

Oui, j'ai vu tout: ombre et lumière,

' Madame Lœtitia Bonaparte ii*életait sa nombreuse famille qu*à force d'ordre et d'économie; elle fiûsait vendre les fruits de sa petite propriété, dont son fils aîné, Joseph, partagea de bonne heure la direction avec elle.

Enfer et ciel^ morts et vivants.

Dieu m'a crié : Gomme les vents Passe et n'emporte que poussière.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi , Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

KAPOLÉON.

En Egypte vous êtes née?

L'éGTPTIEMME.

Non ; dans Moscou fut mon berceau.

La source à Memphis couronnée* Là vient se perdre obscur ruisseau.

De consoler ma race antique Quels soins le sort n'a-t-il pas pris?

Dans tes déserts, jeune Amérique, J'ai foulé d'antiques débris ; Et sur des monts de cendre humaine, Dans rindc, lasse de marcher, Je vins gémir sur un rocher Inconnu, nommé Sainte-Hélène.

* Panui les Bohémiens ou Égyptiens règne une tradition qui les fait descendre des anciens maîtres de TÉgypte.

Voyons ta main, mon enfant, et crcis-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

KAPOLÉON.

Femme, que fait la métropole, Ce grand Paris, notre fanal?

l'égyptienne

Cette ville, que Ton croit folle, C'est Bru^us en habit de bal.

Là j'entendis, l'oreille à terre.

De profonds et sourds grondements.

Palais et temples, un cratère Va s'ouvrir sous vos fondements.

Un ciel pur semble nous absoudre, Chantait la cour dans ses ébats.

Le ciel est pur; mais c'est d'en bas Qu'à présent partira la foudre. Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi , Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

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