L.\ M.lRQllSE DE l'RETlNT.'ULLE
Norc Xr.lV. — A« litre. — .Après avoir attaqué les anciens marquis par la chanson du Marquis de Carabas, il y avait justice à se jouer des anciennes marquises. La politique n’est pas le seul côté faible de ces dames : elles offrent d’ailleurs une pâture à la satire, et le type de la marquise de Pretintaille n’est pas tout d’invention. Dans le dernier couplet, l’auteur fait, allusion à la fameuse note secrète, ouvrage d'un comité ultra-congréganiste qui sollicitait aupri'ts des cours étrangères la rentrée en France des soldats de la Sainte .Vlliatice des rois.
.A voir Béranger s’en prendre si souvent à la noblesse, quelques |iei'sonnes de cette caste ont supposé qu’il avait le regret de n’è- Ire pas nè, comme disent ces messieurs et ces daines. Jamais accusation ne fut moins fondée. iXolre auteur n’a jamais connu «pie l’ambition littéraire, encore d’une manière fort modérée. Jamais supériorité sociale n’a pu le choquer personnellement; on peut même ajouter qu’il n’eut jamais à en soulfrir; mais il regaidait les privilèges de naissance comme une contradiction avec les [irincipes de notre Révolution et comme un obstacle au bonheur lie son pays. Di; là vient la guerre qu’il a cru devoir leur faire, guerre bien justifiée par la conduite de presque tous les hommes <le caste. Béranger a vécu dans un temps où il était si facile de se faire passer pour noble, que, s’il eût eu cette fantaisie, il eût i>u la satisfaire, surtout à l’aide de la particule qui accompagne son nom. Loin de là, il sympathisait, par des sentiments de justice et il’humanité, avec les classes inférieures, et il s’est toujours fait un plaisir de rappeler qu’il était né dans cette foule populaire, ou progrès et â la consulatloh de laquelle il a consacré presque toutes scs inspirations. {Xule rie Béranger.)
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LE TREMDLEL'R
Noie XLV. — Au lous-lUre. — Il sérail sui>erHu de rappeler que la plus solide amitié existait entre M. Dupont (de l'Eure) et Béranger. Ce dernier s'en montra toujours glorieux. Les vertus du député sont trop populaires pour qu'il soit non plus besoin d'en faire l'éloge ici. Prés de trente, ans de magistrature les ont mises en évidence, et la carrière politique a achevé de les illustrer, l'ne seule épreuve a manqué à ces vertus : les hauts emplois publics; mais on peut assurer que, si elles y avaient été soumises*, elles seraient sorties intactes d'une épreuve si périlleuse pour tant d'autres hommes.
(juand cette chanson fut faite, Béranger était encore dans les bureaux de l'iniveisité. M. Pasquier, nommé dans le dernier couplet, avait, comme garde des sceaux, signé la destitution de Dupont de la place de président à la cour royale de Rouen, et sans que celui-ci piit obtenir la pension due à ses longs services. Lisot, nommé aussi dans ce couplet, était un député constamment ministériel que le pouvoir employait pour lutter contre l'influence i|ue Dupont exerce dans son pays par la juste idée qu'on y a de l'indépendance de son caractère et par sa belle réputation, que la ■Normandie entière regarde comme sa propriété. (Sole de Béranger.)