LES DEUX COUSINS
Note XCIX. — Au litre. — Le peuple de Paris n’a jamais cru, bien généralement, à la légitimité de la naissance du duc de Bordeaux. Le procès-verbal de l’accouchement de la mère était propre A faii’e naître des doutes. Bien des personnes placées haut les ont eus. L’enfant du miracle pouvait être l’enfant de la fraude. On peut donc être surpris que Béranger n’ait pas mis à profit ce côlé fie l’évèiiement qui prêtait si bien ,A la chanson; mais presque tous ces couplets politiques ont été le fruit de la réflexion. II avait calculé qu’un jour ou l’autre cette famille serait renversée, et il ne croyait pas que cet enfant pût jamais ai'river au trône. D regiirdait donc comme utile qu’un rejeton de la race dite légitime existAl quelque part, pour que celui qui serait appelé au trône, par suile d'évènements probables, filj. bien évidemment dans le cas d’usurpation au point de vue légitimiste, ce qui devait être avantageux au principe de la souveraineté populaire, principe que Béranger a toujours professé. C’était surtout dans le cas où la branche d’Orléans arriverait au trône que ce représentant fie la lègitimilé paraissait nécessaire au chansonnier. Voilà ce qui le détermina à ne pas chicaner la naissance miraculeuse du duc de Bordeaux, au risque d’exposer sa chanson à être reçue plus froidement qu’elle ne l’aurait été, faite dans le sens qui eût le plus flatté la malignité publique. U ne faut pas croii'e que ce soit la seule fois qu’il ait soumis ses inspirations à un examen aussi approfonfli.
flans le second couplet il est question de l’eau du Jourdain, flonl
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nn prétend que U. de Chateaubriand otTrit une flole pour le baptême du roi de Borne. Le fait n’est peut-être pas exact; mais te trait qui en résulte est trop peu mordant pour qu'on ait cru néressaire de s'assurer de la vérité historique.
Béranger n’a point cessé d'admirer le talent de l'auteur d'Atalii, et crut toujours qu'on devait une sorte de respect à l’homme su- |)érieur qui s'égare. I.e parti royaliste n’usa jamais d’une pareille réserve : il faut en excepter M. de Chateaubriand, qui donna à cet égard de véritables preuves de supériorité, (h'otfde Bérniiqrr.)