LE CINQ MAI
Note C. — la titre. — Jamais la rhanson n’avait élevé ses pi-étentions si haut qu’en osant déplorer la mort du plus grand homme des temps modernes et peut-être des temps anciens, de celui qui avait à lui seul gagné autant de batailles qn'Alcxanüre et César, autant administré que Charlemagne et Louis MV, et à qui nous devons un code civil, lésumé de notre nouvelle position sociale, dont le bienfait compense à lui seul les maux que les ennemis de Napoléon ont prétendu qu’il avait faits <à la Krahee.
L’auteur hésita longtemps s’il tenterait un pareil chant funèbre, l'ne fois son cadre déterminé, il crut devoir y faire entrer des Espagnols plutôt que tout autre peujde, parce que ceux-ci pas- .saient pour avoir le plus à se plaindre de Napoléon. Il crut donc, en les faisant participer à la douleur île l'exilé français à qui ils ont aixordé le passage, exprimer mieux que par tout autre moyen combien les traitements odieux que ce grand homme avait eu à essuyer l’avaient rendu l'objet de l'intérêt des peuples mêmes qu’il passait pour avoir le plus opprimés.
On remarquera sans doute que le refrain est ici presque complètement isolé du couplet. 11 ne s’y rattache que par opposition, puisque .Napoléon ajoutait à ses malheurs déjà si longs celui de mourir loin de sa patrie, et du fils qui devait avoir ses dernières pensées et qui aurait dil lui fermer les yeux. Ce refrain, ainsi détaché, est une imitation de la manière antique. Le chansonnier, qui ne savait pas plus de grec que de latin, avait cependant poulies ouvrages de la langue grecque une admiration si vive ', qu’elle résista toujours au dégoût que devaient lui causer la plupart de nos traductions. (.Vo/e île Hénmyrr.)
l'KÉF.VCE
Note Cl. — An vers
Allez, enfants, nés .vous un nuire règne.
IV-ranger voulait annoter toutes scs chansons, comme il l’avait
• Voy. Wii Bfoiniifhie. (l’clilion in-8, p. 77.)
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ni, BKii.wr.Kii.
iSI
Tait pour le rt'cueil de 1821. U a seulement lais.sé deux noies plac(^s au dernier feuillet du tome II de riHlilion de 1821 ; elles se rapportent au troisième volume, qu'il publia en 1825 (C/u/h-ohv nouvelles, in-18, imprimerie de Plassan', et qu’il avait fait i)rt‘céder d’une chanson-préface. u\rt/r de l'Kdileur.)
Ce volume n’eut point le sort des précédents ni de celui qui l’a suivi ; on ne poursuivit point l’auteur. 11 est vrai que ses libraires lui firent tant de chicanes sur les ebansons dont il le composa, que, malgré son opiniâtreté, il fut obligé de céder quelquefois à leurs craintes et à leurs prières. Itid’anger a toujours soupçonné que l’un d’eux communiqua le manuscrit â la police. U avait d'ailleurs prévu que .M. de Villéle, tout-puissant alors, ne se soucierait pas de donner par un procès du relief à la publication. C’était au commencement <lu régne de Charles .X, à qui on voulait faire une espèce de popularité : un procès fait à des chan.sons eiit été une grosse maladresse. On prit donc ses mesures <l’avanee, et grand nombre de .suppressions furent demandées par le libraire en question. Il en est une, entre autres, qui fut l'objet d’une longue négociation ; il s’agissait de faire disparaître le couplet d'envoi à Manuel qui termine la chanson des tscluves nuiitoix. I.’auteur fut inllexible, et le couplet resta.
Ce qu’il y eut de particulier, c'est que, Béranger ayant refusé de retrancher plusieurs vers dans différentes autres chansons, il fut obligé de se déclarer éditeur du volume, et que c’est .â ce titre que le dépi’it en fut fait sous son nom à la direction de la librairie.
I.e libraire et l’imprimeur, de leur autorité privée, n’en firent pas moins disparaître cinq ou six vers dans une moitié de l’éilition ; il en résulta saisie d’exemplaires et procès pour vice de forme, procès qui ei'it dil être fait à l’auteur, éditeur dè-claré ; mais le parti était jiris, cette fois, de ne pas le tourmenter, et il me fut question que de l’imprimeur en première instance et en appel, tandis que c’était l'éditeur qui, dans les iv'gles, eût dû être mis en cause. Certes, si le ministre tuul-puissant n’eût pas donné le mot d’oi'dre, l’affaire ne se fût point passiie ainsi; mais M. de Villéle n’avait point besoin, pour faire valoir son royalisme, de tracasser un pauvre auteur. Béranger l’avait prévu, et, comme il avait habitude de proportionner son attaque au danger qui en |K>iirait résulter, cette prévision ne contribua pas peu à le rendre plus facile aux exigences de ses libraires, pour les passages de ce volume où il ne vil pas une nécessité de résister aux craintes dont ils étaient obsédés, .tu reste, ces corrections furent en trés- |ietit nombre, et le volume, tel qu’il parut, suffit bien pour prouver que la prison n’avait pas éteint dans le chansonnier les sentiments qui lui avaient mérité l’honneur d’une condamnation, .tussi les journaux iillro ne manquérent-ils point de le dénoncer de nouveau à ranim.adversiou du (larquet et <les juges; mais, niat-
NOTES DF. liÉRANr.FR.
^■ré les plaintes des royalistes, le libraire seul eut un peu à souffrir du zèle de MM. les magistrats. {Sole de Béranger.)
.Note Cil. — .Au coinmencemenl du règne de Charles X, bon nomlire de généraux de l'andenne année et quantité de libéraux de tribune et de Journaux se persuadèrent ou voulurent pei suader à la nation que l’époque était arrivée d'un rapprochement entre elle et le trône légitime. Béranger ne tomba pas dans cette eireur ; mais il voulut la constater dans cette Préface. Au quatrième couplet, il indique ce qu’on devait redouter le plus, c’est-à-dire le jésuitisme. Par le dernier couplet, on peut juger qu’il n’était pas complètement rassuré sur les bonnes intentions de l’autorité à son égard. Au reste, eette préface était propre à détourner les coups qui pouvaient le menacer. (.Vole de Béranger.)
FIN IIKS NOTFS PF BFBINCFn
TAHLK DES MATIEUES
Adieu.
Dernière (La) Kée.
Adieu l’aris.
Dieu (Le) Jean.
Aigle (L*) et l’Étuile.
Dix-neuf Août.
Ailes (Les'.
Égyptienne (L').
Ange (Un).
Enfer et. Diable.
Apôtre (L’).
Fée (La) aux rimes.
Argent (L’).
Fille (La) du Diable.
Ascension.
Fleurs (.Mes'.
Au galop !
Fourmis (Les).
Avenir(L')des beaux esiuits.
Gages (Les).
Avis.
Globe (Sotre).
Laptêine (Le'.
Glands (Les) Projets.
r.énwlictions .Les .
Guerre' La).
liois (Les).
j Gutenberg.
Lamie ^Ma).
Histoire d'une Idée.
Carnaval (Muni.
ItU
Idée (Une'.
Cliacun son goût.
1 il n'est pas mort.
Cliansüiinetics (l.e.sj.
Jardin (Mon).
(.liapelet(Le) du lioaliuinnie.
Je suis ménétrier.^
•Cliasseur (Le).
Jeune (La' Fille.
1 lieval ^Lu) arabe.
Jongleur (Le).
Colombe. (La) et le Corbeau