‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 13 sur 119 · MADAME MÈRE · texte numérisé non relu

MADAME MÈRE

Air :

La noble dame, en son palais de Rome, Aime à fder ; car, bien jeune, autrefois.

Elle fdait en allaitant cet homme tjui depuis l’entoura de reines et de rois.

* Madame Lætitin Bonaparle, qu'au temps de l’Empire on apptdnit Madame Mère, habitait :i Rome un palais, le seul qui ne fût pas illuminé lors des féle> données par le pape à l’enipereur François , père de Marie-Louise. Devenut* presque aveugle, Madame s'occupait à (iler, u>age de sa Jeunesse, m’al-on dit, et des femmes corses, mèino d'une condition élevée.

FulounV du respect de tous, elle avait avec elle une vieille

Près d’elle, assise, est la vieille servante Qui, nouveau-né, le reçut dans ses bras.

Au bruit de leurs fuseaux elles disent : Hélas! Que la fortune est décevante !

Madame attend un message de Vienne.

F'ils de son fils, elle le sait mourant.

« A son clievet point de mère qui vienne « Willer, prier, pleurer, di'-elle en soupirant.

« J’ai vu la mort fuir aux cris d’une mère:

« Mais lui, né roi, le pauvre infortuné,

« A nos vainqueui-s d’un jour otage abandonné, « Meurt de la gloire de son père!

« Sans cette gloire, ah ! le père lui-mème « ^’iv^ait encor, soleil de mes vieux jours.

<1 Un ancien roi, privé du diadème,

« Vingt ans et plus du sort peut rêver les retours;

« Mais de son char qu’un victorieux tomlie,

« Soudain les rois, qui se prosternaient tous,

« Courent, sans prendre temps d’essuyer leurs genoux, Il Du pied le pousser dans la tombe.

Il Dieu l’éleva si haut, qu’un noir présage Il Saisit mon cœur pour ce fils bien-aimè.

Il Dieu, disait-on, dans ce héros, vrai sage.

Il An vieux monde croulant donne un Messie anné;

sorvanift il'Ajaccio, qui l'avait aitléa ii élover scs nombreux enfants, et qui jouis.sait île l'iutimité due à un si long attaehcnieiit. (IVo/e df Béranger.)

DEUNIÈRES CHAiNSO.VS

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