‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 22 sur 119 · LK CH A SS K U U · texte numérisé non relu

LK CH A SS K U U

« l’elils oiseaux, «pu* j'aime euleiidre Vos eoncerts dans res lioux épais!

Voire rlianson, joytuist* ou tendi'e,

Kst pour mon cœur l'iiymne de paix.

.Mais rraijiue/. I«*s lacs «pi'oii pi'ut li-mln*. I.e iHiidit'ur l'ait lant d«; jaloux!

Taisi'Z-voiis, oiseaux, laisez-vous.

U Vieiil un rliasseur; sou |ias redoulile.

.Maill é scs rliiens, point de yibier.

S’il allait, de son fusil dcîuble, l’aube de mieux, vous l'oud l oyer '.'

Ab ! maudit soit l’homme qui troubb* L’érlio «pic vous remlez si doux !

Taisez-vous, oiseaux, laisez-vous.

1M-. UEUA.N(;E1!.

Il Uieii iraiTôU' des mains cnu lies.

Las ! J’ai vu des chasseurs, un jour, Aljallre au vol deux hirondelles Dont je saluais le retour.

Vos chansons aUendrironl-elles L’enl'anl qui s’arme de cailloux?

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

(I Lharmanls oiseaux, connaissez riiomme ; (ju'il soit Ijoucher, soldat, chasseur,

11 l'usille, il sabre, il assomme,

Kl trouve au saii},' de la douceur.

Les moins cruels soni ceux (|n'on nomme lîourreaux ; soit dit bien entre nous, Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. »

Itou Dieu! c.'est li‘ chasseur (|ui lirel Il blesse à l'aile une perdrix.

Son chien la prend ; pauvre martyi e !

Le chasseur, cpie gênent ses cris,

Lui brise la tète; elle expire.

^e soir, il médira des loups.

Il Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. .

Il s'éloigne. Son œil avide \ oit nn chevreuil au bord du bois.

l'abri de l’arme jierlide,

Laissez éclater votre voix.

Mais si demain, le carnier \ide.

Il passe encor près de ces houx.

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. >>

. IIKIIMKHF.S CHANSONS

LA lUVlÈlU':

Aiii ; C’rst à mou iiuiilre l'ii l'ail ilc jilairc.

.. Uii lours-Ui, rivière aiiiüureiisi''.'

— Je eonrs :ui pied des rocs peiiduml b’oiii iiir une herlje vij;mireiis*!

Aux Irouiieaux, nourriciers des cliaiii|

Il — l'uis, où va ton onde liiu|tide V

— Sur un sol qu’épuise l’étc-,

Au gré du travail ipii me guide, J’épanche la lécondilé.

» l'uis, avant d’être navigahle,

Sur les grains et sur les métaux,

Je fais, d’un bras infatigable,

Mouvoir la meule et les marteaux.

■I — Parle donc, naïade charmante. Des soirs où, dans tes flots chéris.

Vient se jouer ma noble amante, .\ymphe aux chainiis, déi'sse à Paris.

U Qu’importe et moulins et culture El troupeaux, quand, sous ces lilas.

De la céleste créature Les flots caressent les appas !

DE DÉDANGEn.

« La voici. Qun mon luth fidèle La chaule au doux l)ruil de les flols.

Ne les épauche que pour elle ; l’rèle à ma voix tons les échos.

« Aux vils travaux de noire li‘rre Cesse enfin de livrer Ion coins:

Plus pure, enivre el désidlère La poésie el les amours. »

Qui parle ainsi? C’esl lame folle D’un poêle qui, dans ce lieu.

Oublie aux pieds de son idole Ceux qui travaillent devant Dieu.

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