‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 34 sur 119 · LE POSTILLON · texte numérisé non relu

LE POSTILLON

MON ANNlVF.nSAlHE DK IS-i'i.

Am dp," AIn.1^onp^.

• .Sur ce globe, la course humaine Ne dure, hélas! que peu d’iiistanls.

Le postillon qui tous nous mène.

Je le connais trop, c’est le Temps. (Bis.)

DK DÉlîANGEIi.

hii char pompeux aussi bien qu’eu cbaiTelle, Il nous emporte à nous faire crier :

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête! |

Buvons ici le vin de l’élrier. ( ^

Il est sourd, ne lait nulle pause.

Sangle tout de son loue' puissant.

Se rit des effrois (pi’il nous cause.

El n’y met lin qu’en nous versant.

Je crains par lui qu’un jour notre planêle N’aille en éclats croupir dans un bourbier.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête!

Buvons ici le vin de l'étrier.

Les sols et h-s fous en grand nombre Nous jellenl la jiierre en chemin, l'uyons-les donc; mais quel encombre!

Ils seront plus nombreux demain.

Sais-je d’ailleni's ce que demain m’apprête?

Podagre ou pair si j’allais m’éveiller !

— \ ienx postillon, arrête, arrête, arrête!

Buvons ici le vin de l'étrier.

En des jours de mélancolie Un semble au but vouloir couru';

Mais un rien nous réconcilie Avec la frayeur de mourir.

C’est une fleur, c’est une ( hansonuelle.

C’est un souris qui vient nous égayer.

— Vieux postillon, arrête, arrêti-. arrête!

Buvons ici le vin de l’étrier.

i;ui Dtii.MUits (,iiANso.\s UK iti;u \ n(;eii.

L;i jioslu soixiinlu «*l Iroisième Me l'ournil des reliiis nouveaux.

Le postillon, toujours le iiièiue.

Ménasera-l-il les chevaux ï .\inis, d’un inouï moi qui descends la crête, l’our vou.s atlendre, ah 1 je veux enrayer. '

— V'ieux poslilloii, arrête, arrêh', arrête!

Buvons ici le vin de l’étrier.

Oui, fêtons mon anniversaire,

Kêveil de souvenirs constants.

Puisse une amitié si sincère Briser les ê[ierons du Temps! (Bis.) Pour ramener la joie en ma retraite,

V’ingt fois encor venez vous écrier :

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête!

Buvons ici le vin de l’étrier.

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