‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 36 sur 119 · LE ROSIER · texte numérisé non relu

LE ROSIER

Airt : •

foi dans ce lieu, toi dans la porcelaine!

(Jue jtî le plains, jidi rosier!

Celte salle pompeuse est pleine ü’un monde envieux et f;rossier . Qui te soiulle de son baleine :

C’est le palais d’nn financier.

Que je le plains, joli rosier!

Ici na;;uère apporté du village.

De l’or lu subis le pouvoir.

Ce Ijampiier veut qu’à sou passage Pour lui tu lleurisses ce soir.

De ton parfum fais-lui l’hommage.

Comme au Très-liant fait l’encensoir.

De l’or lu subis le jiouvoir.

nKIîNIKUF.S CHANSONS

Sdiis Cf uraïul liislrc à la llamnie irisw.

Arlmsle aimé, tu vas mourir.

Plaint-il, et; juif, àmc blasée,

(]eux que sou faste fait soulTrir?

Privé. (Pair pur et de rost“e.

Ail ! u’espére pas l’attendrir.

Arbuste aimé, tu vas mourir.

Mais pn’is de toi passe un jeune poide Dans ce palais resplendissant ;

Il courbe aussi sa noble tète Devant le riche tout-puissant.

Des fièvres d’or de cette fête Il est saisi rien qu’en passant Dans ce palais resplendissant.

Ainsi que toi ce siqour Pempoisonm', Di(‘u vous rende à son lu*au soleil !

Le luxe qui vous enviroune Va flétrir, en un temps pareil,

Kl sa poétique couronne El Ion diadème vermeil.

Dieu vous rende à son beau soleil !

OE nÉRANGER.

L’OrSKAlî FAIVTOMK

Am :

La canlalrictî jeune et l>clle S’éveille au milieu de la iiuil.

Qu a— l-elle entendu? Ce doux lirnil.

Est-ce un chant d’amour qui l’appell Non, c’est un lantôme léger, L’ombre d’un oiseau qui l’éveilli'.

Qui sur son lit vient voltiger,

Ka lui murmurant à l’oreille ;

« Pour votre voix docile à mes leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

Bis.

« Je suis l’àme toujours aimante Du rossignol apprivoisé Par vous, et par vous tant baisé.

Qu’il crut voir en vous une amante.

Que j’avais d’ardeur à chanter Lorsqu’en rêve on dans rinsoinnie Aux longs efforts pour m’imiter V’ous mêliez les pleurs du génie!

Pour vo re voix docile à mes leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

Il Un soir où la foule charmée Semait des fleurs autour de vous, V’otre singe, démon jaloux,

Ouvrit ma ca^^e birn-aimrt'.

Dans ses ongles me voilà pris.

En riamanl il me décliire.

V'olre gloire est sourde à mes cris ;

On vous couronne, et moi j’expire.

Pour votre voix docile à mes leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

« Mais d’ailes mon àme est pourvue.

Invisible à des yeux humains,

Du ciel je franchis les chemins,

Pourtant sans vous perdre de vue.

Oh ! (pie de glolies je parcours.

Nefs rpii de l’air fendent les ondes!

Que d’hommes, d’oiseaux et d’amours .l’entends chanter dans tous ces mondes Pour votre voix docile à mi*s leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

« Aux plus éclatantes planètes L’homme retrouve ses aïeux.

Sages, héros, saints, demi-dieux.

Affranchis do l’omhre où vous êtes.

Plus ils en sont loin, plus s’accroît L’intérêt qu’à leur àme inspire ]At destin de ce glolie étroit.

Humble hameau d’un vaste t'mpire.

Pour votre voix docile à mi's leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

« L'homme, peuplant l’intini même.

De l’amour doit former les nieuds

Entre ces astres liiniinenx Emanés du soleil suprême.

En des temps qui nous sont tujchés.

Dieu resserrant son auréole,

Les mondes, cniin rapprochés, S’éclaireront par la parole.

Pour votre voi.v docile à mes leçons Du Paradis j’apjjorte des chansons.

« Moi, faible oiseau, je vole encore ;

Des miens plus haut j’entends la voix.

Un autre ciel s’ouvre, où je vois Du jour sans lin poindre l’aurore.

Chantres des bois, des champs, des eaux Forment là des chœui’s de louanges.

Dieu permet aux petits oiseaux De le chanter avec les anges.

Pour votre voix docile à mes leçons Du Paradis j’apporte des chansons.

Il Mais l’amour me fait redescendre V’ers vous qui m’avez Unit pleuré;

El, ( haqnc nuit, je reviendrai Avec dos chants à vous apprendre.

Puissent vos accords enivrants.

Qu’à la terre le ciel envie.

Initier les coeurs soulTranls Aux merveilles d’une autre vie!

Pour votre voix docile à mes leçons ) Du Paradis j’apporU' des chansons. » )

Bis

DRHMKnES CHANSONS

MO.\ CAUNAVAI.

A ANTIF.I!

\in ; Aiii>i jadis un grand pioidièlr.

Tnndis qii’:iiniablp ol pii convive.

Tu rèpies dans iilns d’un repas.

Anlier, il faut que je l’écrive (lominenl je i'éte les joui's j;ras.

St'iil, entre ma lampe et ma challe, Vaeux rêveur, je vois sous mes yeux Des temps d’où notre amitié date Passer le fantôme joyeux.

A jours pareils, notre jeunesse.

S’alTublant d’habits les plus fous.

S’écriait : Joie, amour, ivresse.

Nous ont faits dieux; imitez-nous.

Mais pounpioi d’un carton fantascpu!

Prenions-nous le voile importun?

A des fronts si gais point de masque (l’est au vieillaril qu’il en faut un.

Te rapi>elles-tu nos soirées?

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