H IX
Béni de Dieu, venez to\is nous lamir. '
Or ce vieillard sortait-il de son chaume.
Le rencontrer était présage heureux.
>1 Oui, répétaient les villageois entre eux.
Il suffirait à l>énir \in royaume.
O bon vieillard, chez nous daignez venir;
Béni de Dieu, venez tous jions bénir, x
On Tin\oqnait .à chaque caUislrophe,
.\ux cœurs en peine il semblait un sauveur.
.Vlainl hobereau le traitait de rêveur,
Et le cniv l’appelait philosophe.
0 bon vieillard, chez nous daignez venir;
Béni tie Dieu, venez Ions nous Ijt-nir.
Chacun de lui nous contait des nierveilles.
Disant ; « 11 sait légendes et chansons.
Courez, enfants, à ses douces leçons, taimme à sa voix reviennent les alx-illes.
IlEllMKRES CHANSONS
O bon vieillard, chez nous daignez venir;
Béni de Dieu, venez tous nous liénir. »
« 11 a passé tout près de ces chariuilles.
Disait la mère; aussi, combien de fleurs!
(i’est griu;e à lui que de riches couleurs Va s’émailler le corset de nos filles.
O Imn vieillard, chez nous daignez venir; Déni de Dieu, venez tous nous Uhiir. "
(jiiand le ciel brûle, aux travailleui-s en nage Court-il aider; glaiK-use et moissonneui- De dire alors : « Il nous vient du bonheur ; Sur le soleil Dieu déploie un nuage.
O bon vieillard chez nous daignez venii- , Béni de Dieu, venez tous nous l)énir. »
D’un si doux charme il ignorait les causes.
Sans croire en soi, riiomme que Dieu bénit Passe, et l’oiselle est trancpiille en son nid ; Passe, et vers lui monte rencxms des roses O bon vieillard, chez nous daignez venii'; Béni de Dieu, venez tous nous ta'-nir.
.Nous u'avoiis plus cette loi qu’on envie.
Qu’importe, enfants. Survient-il un vieillard. S’il vous sourit, s’il vous suit du regard.
Inclinez-vous : il bénit votre vie.
O bon vieillard, chez nous daignez venir ; l
Iténi de Dieu, venez tous nous bénir. )
KNFliR KT niABU-
Ain : Cl! niaîfi'tnil irii‘|iroi h,il)li‘.
!.(' Uiilble et l’Enfer, jeune Adèle,
I itnl, diles-vons, peur aux Amours.
Jadis j'ai vu l’ange l ebelle ;
II m’a joué de malins tours, lüen loin d’avoir mine effroyable.
Les beaux yeux qu’avait Lucifer 1 Plus alors je croyais au Diable, Moins je voulais croire à l’Enfer.
Mais les ans m’ont prèclié de sorte, (jiie de mes douUs je rougis.
De l’Enfer j’ai trouvé la porte El vu le Diable en son logis.
Adèle, c’est chose incroyable Pour qui n’a pas encor souffert :
Sachez que chacun est son Diable ; (jue chacun se fait son Enfer.
Digilized by Goc^le
liKUNlf.RE'' i.llX’SSO^s