‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 63 sur 119 · ADIEU · texte numérisé non relu

ADIEU

\mi : Te !>ouvieiis-tu, disait un capitaine; uit ; /Or nouveau de H. 1/. Aiuom.

France, je meurs, je meui-s; tout me l'annonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce.

Aucun Français t’aima-l-il plus? Oh! non.

Je t’ai chantée avant de savoir lire ;

Et, quand la mort me tient sous son épieu.

En te chantant mon dernier souffle expire.

A tant d'amour donne une larme. Adieu !

Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie, Poussaient leurs chars suj' ton corps mutilé.

De leurs baiuleaux j’ai fait de la charpie Pour ta blessure, où mon baume a couli'.

Le ciel rendit ta ruine féconde;

De te bénir les siècles auront lieu ;

(!ar ta pensée ensemence le monde.

L’Ei'alité fera sa gerbe. Adieu !

Demi-couché, je me vois dalis la tombe,

■Ah ! viens en aide à tous ceux que j’aimais. Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais,

Pour qu a tos fils arrive ma prière.

Lorsque déjà j’entends la voix de Dieu, De mon tombeau j’ai soutenu la pierre.

Mon bras se lasse; elle retombe. Adieu!

NOTES

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