‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 94 sur 119 · L’EXILÉ · texte numérisé non relu

L’EXILÉ

Notk LXV. — Alt liire. — L’histoire redira le nom des hommes plus ou moins illustres que la seconde Restauration proscrivit de Erancc ou for^-a de s’en éloigner. K l'époque où cette chanson fut faite, on paraissait espérer que les Bourbons se lasseraient enfin d'un système de rigueur. Si quelqu’un devait élever la voix, c’était Béranger, qui regarda toujours comme sa plus grande gloire d'avoir, par ses chansons, adouci le sort de tant de victimes des icaetions politiques. Il reçut bien souvent des lettres venues des pays les plus éloignés, de Calcutta même, où des Krani;ais lui témoignaient leur reconnaissance pour le charme qu’ils avaient trouvé dans leur exil à répéter des chants qui leur rappelaient la terre chérie. Jamais plus douce récompense ne put èti'e déceniée U leur auteur. {.Vo/e de Béranger.)

LA RETITE FÉE

Xoit: LXVl. — Att litre. — La note, indiquée par une croix, inaii- (|iie. Peut-être Béranger voulait-il parler du genre particulier de cette chanson. {Soie de l’Édi.eur.)

M. JtüAS

Voir. I.XMI. — .!« titre. — Cette chanson fut faite pour une réunion de liberaux, (|ui s’intitulait « Société des Api^tres. » Béranger y portait le nom de Jacquex te Majeur. Sa chanson eoinmcnçait ainsi :

DK ntUA.NKKIl, 'itio

Mes li crus, les bons a|iôtrBs, gne mon cousin le bon Dieu, l.ui-Mjtic nous taisons Des nôtres^

Soit avec nous dans ce lieu I Mais, s’il fui pris en délaiil l’oui- avoir parlé trop haut,

Parlons bas.

(ietle sociélO, qui s« réimissait <i table, ii’eul pas une loiiyueilurt*. Un homme de police s’y était introduit dès le comineneement, et il nen fut pas le seul JudiiK. la; portrait de ce lAclic apôtre convenait à tant de Kens, que, par la suppression du premier couplet, cette chanson devint d’une application générale. Kependant il en fut fait une particulière à un ancien membre du Kaveau, soupçonné d’avoir précédemment appartenu à la jiolice impériale, et devant quii en 1813, béranger fut prévenu par bésaugiers de ne pas chanter le Ilot d'Yvetel. Depuis, ce même personnage n’en a pas moins obtenu et cumulé des places de censeur, de bibliothécaire, des pensions, des croix, etc. (;Vo/e de Béranger.)

Il n esl pas trés-difücile, en ouvrant deux ou trois almanachs, de deviner quel est le personnage dont veut parler Bér.anger. (.Vetr de l'Kdileiir.)

LE DIEU DES BOÎi.NES GENS

;\oiE LXVIll. — .!« litre. — K’est vers le milieu de 181" que llclanger lit le Dieu des lionnes gens. Justpie-là c'était toujours avec une es|)éce de timidité qu'il avait tenté d'élever le ton de la chanson. Enhardi par le succès, il osa davantage cette fois; mais la frayeur le reprit quand il eut terminé ces couplets, l’our expliquer cette frayeur, il faut ilire qu’il était reçu au Careau qu'il ne fallait point mettre de poé.sie dans la chanson. Béranger avait sou- 'cnl entendu professer cette doctrine par Armand Uoutfé. Vussi Irembla-t-il fort lorsque, pour la jiremiére fois, dans une réunion d'Iiommcs de letires, il se hasarda à chanter le Dieu des iiiinnes uens. Les applaudissements qu’il obtint furent tels, que, dés ce moment, siir de pouvoir dépenser dans ce genre le peu qu'il se sentait d'idées poétiques, il renonça-à tout autre et conçut l’espoir lie donner à la France une poésie chantée, ce qu’elle n'avait pas, selon lui, malgré la sublimité de lieaucoup de nos odes et l'excellence de plusieurs passages de nos opéras, l’our arriver à cela, il fallait continuer à se servir de nos airs de ponts-neufs, convenablement entremêler les tons, ainsi que notre langue iHiuvait l'exiger, s'attacher de plus en plus à dramatiser ses petits poèmes, et surtout s'astreindre au refrain, frère de la rime, quelque ])rix qu'il en dût coûter; car Déranger avait souvent observé que, sans refrain, la chanson ne réussissait pas, et il tint dés lors à faire tout ce que le genre exigeait pour y obtenir davantage et l'élever entin à la liauleur des sentiments et des idi'-es que la chanson lui

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pai'üibsait appeli'-e à oxpriiiier, surtout à une époque on la presse était esclave. Il sentit d’ailleurs tout l’avantage qu’il y avait pour lui à faire un genre qui n’avait point de poétique et qui laissait à sa disposition tout le dictionnaire de la langue française, dont nos critiques ne permettent guère qu’une partie à presque tous les autres genres, (yole de Bironger.)

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