‹ Dernières poésiesChapitre 38 sur 91 · LIVRE QUATRIKME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIKME

Ou , signe plus certain de douce quiétude , Bercer son àme au sein de quelque solitude , [Li, la laissant aller à de feintes douleurs, <;oûtcr la volupté des soupirs et des pleurs? Ah ! le mal est réel et nous regarde en face : Le lâche seulement peut nier sa menace. Entendez-le déjà prononçant l'interdit.

La justice pour nous doit être sans profit. Enfants de la maison que sa fureur ravage , Nous sommes trop heureux d'obtenir le servage ; Et , si nous pouvions même accepter un tel sort , La honte ne saurait nous sauver de la mort.

Quoiqu'en proie aux assauts d'un nouveau déicide , Je t'ai parlé du Christ, tu le prendras pour guide. Avec trop de fureur le flot monte et s'abat , Pour ne pas nous lier fortement à ce mât, Et ne pas tenir loin de notre oreille infime Les sirènes du mal qui chantent sur l'abîme. Si ta nef s'égarait ou sombrait en chemin , L'Eglise serait là pour te tendre la main :

Au-dessus des vapeurs que l'orage auioneelle ,

Le ciel, obscur pour nous, est toujours clair pour ello,

La bave que l'enfer lui jette incessamment ,

Loin d'ébranler le phare, en devient le ciment.

Quiconque à son amour répond par la colère

Voit changer en carreaux sa lueur tutélaire.

J'ai vu des malheureux , de ses rigueurs jaloux , -

Faire tous leurs efforts pour provoquer ses coups ,

VA porter à leur front , ainsi qu'un diadème ,

Le sillon désastreux qu'y laissa l'anathème !

Garde-toi d'échouer sur un si triste écueil :

La gloire s'enrichit des pertes de l'orgueil.

Jusque dans les chansons des faiblesses humaines,

Son joug heureux répand des grâces souveraines ;

Son arôme, imprégnant jusqu'à la passion ,

Préserve le bon goût de la corruption.

Sa foi te ravira dans ces régions pures

Où nul charme mondain ne ternit les figures;

Où, sans rien abdiquer de l'idéalité,

La grâce virginale est avant la beauté.

L'Olympe peut lancer son aigle dans l'espace ,

Celui du Sinaï dans son vol le dépasse ,

Page 1