A FRANÇOIS
Ouand de l'autel du droit montent des cris funèbres , Que chaque jour qui naît augmente les ténèbres , Que le nom ment au sens qu'il exprima toujours ; Qu'odieux instrument des hommes de rapine , L'autorité dépouille et l'épée assassine, Toi seul à la justice oses porter secours!
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Debout sur un rocher moins sûr que ton courage , Aux yeux du monde ému tu tiens tète à l'orage. Sourd au conseil douteux qui veut te protéger , Tu réponds par la foudre à la foudre qui tonne. Tin éclair en passant peut brûler ta couronne, Tu ne la rendras pas aux mains de l'étranger.
Tu t'es dit que l'enfant d'un illustre lignage , Pour sauver son honneur doit mourir à tout âge ; Que, jusque dans la tombe , il peut dicter la loi. Tu connais la vertu d'une fm intrépide , Et sais , dans la balance où le sort se décide , Ce que pourrait peser la dépouille d'un roi.
L'auréole à ton front est désormais conquise :
La fortune pourra prononcer à sa guise ,
Rien ne fera tomber ton étoile des cieux.
Les souverains semblaient vouloir livrer d'eux-ménres
A FRANÇOIS II. ï « >
Leur pouvoir à la rue cl leur face aux blasphèmes ; Tu retrempes la pourpre en des (lots glorieux.
Saint guerrier, qu'une mère a fait à son image , C'est le chrétien surtout qui te doit son honnnage: Lorsque la foi parcourt sa route de douleur , Subissant les assauts de la haine infernale , Heureux Cyrénéen , ton épaule royale Aide à porter la croix de l'élu du Seigneur.
Et vous qui partagez l'héroïsme du maître , .le veux que mon encens vous fasse aussi connaître ; L'histoire n*a pas eu de dévouements plus beaux. Si la patrie un jour doit pleurer votre chute , De son ciel , orgueilleux d'avoir vu votre lutte „ Le sourire à jamais luira sur vos tombeaux.
Aux temps dégénérés il faut de grands modèles. La mort fécondera vos palmes immortelles ;
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Le sol servant d'asile à vos grands ossements Sera dans Ta venir un saint pèlei'inage : La bravoure y viendra ranimer son eourage , Et la fidélité raffermir ses serments.
Et toi , sublime enfant, pour qui la destinée Fait succéder Tépreuve aux fêtes d'hyménée ; Fleur que l'on ne croyait trouver qu'en un jardin , Colombe qui n'a pas été dépaysée , Quittant l'ombre des bois pour une aire embrasée... Que n'ai-je au fond de l'âme un hymne souverain !
Jadis , dans ces forêts aux dômes séculaires , Des légions de Rome immenses ossuaires, Tes aïeux , dont l'audace acceptait tout cartel , Au milieu des combats te voyant si sereine , Auraient paré ton front d'un bandeau de verveine, Et t'auraient confié la garde d'un autel.
A FRANÇOIS U. I i -
¥A maintenant, 6 rois, laisserez-vons , tranquilles , Ce jeune couple , honneur de vos races débiles , An monstre dévorant se dévouer tout seul ? Attendrez-vous le jour où la grand(î marée Atteindra de ses flots votre couche dorée, Et sur votre sommeil étendra son linceul ?
LA PENTECOTE DE 180-2.
c< Vous qui voulez le voir et l'adorer encore , lliUez-vous ! car on va le descendre au tombeau. Le Christ est dépouillé même de son roseau ; Ce soleil éternel n'était qu'un météore». La haine des pervers , le mensonge vénal , Le palais parfumé, le bouge mépjiitique
120 LA PENTIXÙTE DE i862.
Répétaient à l'envi ce lugubre cantique,
El tous croyaient toucher au triomphe du mal.
Le fidèle , témoin de cet excès d'audace ,
Se désolait d'avoir vainement combattu.
La foi faisait appel à toute sa vertu ,
El priait le Seigneur de dévoiler sa face.
« Quand viendra ton moment, Dieu vengeur d'Israël ?
I^aisseras-tu Baal envahir ton domaine ?
Regarde , et prends pitié de la faiblesse humaine!
Le calice épuisé s'emplit encor de fiel !
« La pierre du salut est traitée en argile. Ton Fils , ton divin Fils , n'est- il plus le Dieu fort? Des fentes des rochers qu'avait brisés sa mort, N'est-ce pas toi qui fis sortir son Évangile ? Pourquoi brûler la main qui tient ton encensoir »?.... — Et le Dieu d'Al)raham ne s'est plus fait attendre ; Et dépouillant le sac , et secouant la cendre , Le croyant se relève et rayonne d'espoir.