‹ Dernières poésiesChapitre 51 sur 91 · G LA NOËL · texte numérisé non relu

G LA NOËL

Ainsi riiumanilé , sous le poids de son crime. Gisait abandonnée au fond de son abîme. Qui d'entre nous , souillés dès le sein maternel , Pourrait trouver en lui la rançon méritoire , Et , de Tesprit du mal effaçant la victoire , Amener au pardon l'ire de l'Éternel ?

Un enfant nous est né : l'épouvantable masse , Grâce à ses faibles mains , est remise à sa place. Par ses propres exploits Satan est confondu ; Son front est écrasé sous le pied d'une femme ; L'homme sent repousser des ailes à son âme , Et remonte plus haut qu'il n'était descendu.

Les cieux , longtemps fermés , se rouvrent sur la terre

Afin d'y déverser l'onde qui désaltère

La soif de vérité , de justice et d'amour.

La fleur naît où poussaient des épines arides ,

LA JfOEL. I '7

L'esclave est réjoui dans ses caveaux humides, Et l'univers reprend l'éclat des premiers jours.

Quel siècle , parmi ceux que le temps fit éclore , Peut te dire : « Je fus témoin de ton aurore , 0 rayon incréé de rétcrnel soleil » î Verbe , Fils engendré par la divine essence , Les esprits et les corps sont nés de ta puissance ; Toute création sortit de ton conseil.

Et de ce haut sommet ton amour ineffable Descend pour revêtir notre argile coupable ! D'où peut venir l'honneur qui nous est octroyé? Si le ciel a voulu pacifier la terre , Sans sonder plus avant le fortuné mystère , Rendons grâce au Seigneur du céleste envoyé.

Il naît dans Éphrata , marqué par les Prophètes ; Une établc est le temple où commencent ses fêles;

l58 LA NOËL.

C'est là que , déposant son sublime fardeau , La Vierge d'Israël adore, la première.

Sur un autel formé d'un reste de litière , Le Prince de la gloire et du monde nouveau.

Des esprits descendus des sphères bienheureuses , Semant la vaste nuit de traces lumineuses , Chantent : « Gloire au Très-Haut et paix au genre humain » Ce n'est point le palais où la richesse abonde , C'est la tente du pâtre inconnu dans le monde Qui reçoit la faveur du message divin.

Et , du Messie ayant annoncé la venue ,

L'hymne révélateur remonte vers la nue ;

Et , croyants , les bergers laissent là leurs troupeaux :

Ils s'en vont vers l'Enfant des grâces souveraines ,

Et contemplent Celui qui doit briser nos chaînes ,

Pleurant emmaillotté dans de pauvres drapeaux.

LA NOFX. iTu)

Knfaiit, ne pleure point; dors, et que sur ta tète

N'ose pas de longtemps éclater la tempôte ;

De ta naissance encore ignorant le pourquoi ,

Le monde indifférent méconnaît ta lumière ;

Mais , découvrant ta pourpre un jour sous ta poussière,

Les peuples subjugués reconnaîtront leur roi.

Car l'Ange écartera les pierres de ta voie ; Ta parole au tombeau fera lâcher sa proie ; L*œil éteint , sous ton doigt , recevra la clarté ; Tu seras le bâton des pénibles voyages , Un guide dans la nuit pour la raison des sages , 0 Dieu de la misère et de l'infirmité !

Déceaibre 1860.

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