‹ Dernières poésiesChapitre 54 sur 91 · NOTRE-DAME D AFRIQUE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME D AFRIQUE

Non\ ta ne chantas point une hymne aventureuse :

Toutes les nations t'appellent bienheureuse ,

Mère que l'Éternel donne à l'humanité.

Tous les recoins du monde et tout le cours des âges

Se peuplent à l'envi de tes saintes images ,

Et bénissent ton sein du fruit qu'il a porté.

l4^ NOTRE-DAME d'aFRIQUE.

C'est maintenant le tour de la terre africaine. La rapine et le meurtre en faisaient leur domaine; Mais voilà que la France y montre ses drapeaux : Dans le nid du vautour la colombe repose ! Enfants du Christ , vendus comme une vile chose , N'invoquez plus la mort pour soulager vos maux !

Des tributs infamants tombent par la conquête ; Ceux qui les acquittaient peuvent lever la tête. Qui soumettait au joug le subit à son tour; La joie éclate au sein des îles enivrées ; Du poids de ces forbans les mers sont délivrées , Kt les rumeurs des Ilots ont fêté ce beau jour.

Fils du triste Orient, bénissez vos défaites.

La Vierge des douleurs , pour les changer en fêtes ,

Élève vers le ciel ses bras libérateurs.

Pour la Mère de Dieu venez la reconnaître :

^'OTRE-DAME D AFUIQUE. I^T

Abjurez rimposteiir , et prenez le bon Maître , Le Maître qui se donne à tous ses serviteurs.

Place dans votre esprit, place à la Providence î

Picjetez dans la nuit qui lui donna naissance

Le dogme avilissant de la fatalité!

L'homme en vous grandira, sous un plus grand symboh.

(Croyants , des vrais croyants écoutez la parole :

L'ime perd sa nature avec sa liberté.

Et , s'il faut qu'au bienfait se mesure l'offrande 0 lilles d'IsmaCl , votre tâche est plus grande : Dépouillez vos jardins pour ses sacrés parvis î Marie est un trésor de grâces souveraines. Captives jusqu'ici, pour commander en reines Elle vous dotera de son sceptre de lis.

Et vous , déjà pourvus de la sainte lumière ,

Consacrez une obole au nouveau sanctuaire.

I |8 NOTHE-DAME d'aKRIQIIE.

Chaque pierre y prîra pour que le Rédempteur Du règne de Satan délivre ce rivage , Change en soc nourricier les fers de resclavage , Et fasse du vaincu le frère du vainqueur.

Mais la France surtout, la France plus qu'une autre Doit offrir ses trésors et son cœur à l'apôtre Qui voue , afin d'y voir perpétuer nos droits , A la Reine du ciel cette terre d'Afrique , Souvenir glorieux et présent magnifique Qu'en partant pour l'exil lui laissèrent ses rois.

SUR lA MORT DE LOUIS XVIII.

Non , ma Muse , ô Louis, d'une douleur vénale N'assiégera pas ton cercueil; L'indépendance est son orgueil; Elle est pauvre, mais virginale.

A tout bonheur dépossédé , A toute vertu dépouillée

ï5() SUR LA MORT DE LOUIS

VA\q. oflre ses faveurs ; d'un encens < Elle ne s'est jamais souilli Je n'ai reçu de tes bienfait

Que ma part du bonheur que ton é Dispensait à tous les Fran

Non, ma Muse , ô Louis , d'une doi N'assiégera pas ton cercue L'indépendance est son oi Elle est pauvre , mais virg

Et qui , dans ce triste conc Ne pleura dans son cœur la perte de

Et l'opulence et la misère Des temples du Seigneur les portiq L'étendard des guerriers incliné ve Tout proclamait l'effroi dans nos m

La France avait perdu son

Sin LA MORT DE LOUIS XVIÎÎ.

Kt la nuit du tninl)caii luttera vainement Contre les rayons de sa gloire.

A réparer nos maux par le eiel destiné » 11 a rempli sa tàehe ; et son heure dernier Kst comme le triomphe au bout de la eari

Le trépas , au but fortuné, A surpris sur son front les palmes souven Kt ses royales mains laissent tomber les r(

Lorsque son char est couronné.

11 j)eut rendre au Seignenr compte de sa v liCS peuples du poids de sa gloire Ne furent jamais fatigués ; Sur des décombres subjugués

if)» SUR LA MORT DE LOUIS XVUL

La patrie est heureuse et libre par ses lois, 11 meurt , il a conquis ce que son cœur désire : Car la victoire des bons rois , C'est le bonheur de leur empire.

Sa mort fut pour tous un malheur.

Les Yoix des factions s'imposèrent silence ,

Et tous les enfants de la France

Furent frères par la douleur.

Et la douleur qui t'environne Justifie , ô Louis , l'encens qu'à ta couronne Les cœurs reconnaissants offraient, pendant tes jours. Des rois vraiment aimés les tombeaux ont toujours Plus de courtisans que leur trône.

Mais que vois-je? de ton cercueil Un rayon lumineux blanchit la nuit immense ; J'entends le cri de l'espérance Qui domine le chant de deuil :

« Sacrés gardiens du sanctuaire ^

SUU l\ MOKT DE LOUIS XVIll. I :» »

Kleigncz ces pûlcs flambeaux' Aclievcz la triste prière , Recouvrez ces mânes royaux.

Et vous , phalange de héros , Otez l'emblème funéraire De la lance de vos drapeaux î

Ne pleurez plus la mort du chef de la patrie ; Car la mort ne le vaincra pas.

Loin de déplorer son trépas , Faites des souhaits pour sa vie !

Il s'endormit aux funèbres parvis ; Il va se réveiller dans la magnificence , Brillant et jeune de puissance , Sous la colombe de Clovis!

Omort! il brave ta furie:

Il ne relève pas de toi.

i5/i SUR LA MORT DE LOUIS XVHU

Notre glorieuse patrie

N'est jamais veuve de son roi.

Elle Fa vu contre la tombe

Toujours défendu par la loi.

Ce n*est que l'homme qui succombe ;

Le chef royal est immorteL

En vain de ton sceau tu les marques ,

La famille de nos monarques

Est comme un monarque éternel !

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