‹ Dernières poésiesChapitre 60 sur 91 · I ;4 A UN ORATEUR DE LA DROITE · texte numérisé non relu

I ;4 A UN ORATEUR DE LA DROITE

Ameuté contre nous les instincts abrutis. Assez et trop longtemps le mépris du silence Avait du misérable enhardi l'insolence ; 11 devait recevoir tes nobles démentis.

Le drôle , de mensonge enténébrant l'histoire ,

Défiait la lumière et croyait à sa gloire.

Et certes , il pouvait s'enfler d'un juste orgueil :

11 avait, aux rumeurs de ses sourdes tempêtes ,

Vu, dans moins de trois jours, découronner trois télcs.

Et changer du vieux roi la victoire en écueil.

Et depuis , amusant toute oreille niaise Du Domine salvum ou de la Marseillaise ,

quis de Dretix-Brézé s'élança à la tribune pour protester: « On a parlé d'un prétendant qui pourrait se trouver dans les rangs de l'étranger; eh bien ! au nom de ce prince... • Il fut interrompu par des cris violents: A l'ordre! Il essaya une nouvelle protestation : « An nom du parti que je représente dans celte chambre... » La parole lui fui retirée. (V. ie Moniteur du 27 mars 18M , p. 769-770.)

A UN ORATKUn DE LA DI'.OITE. I7J

Dînant de la couronne etsoupant des faisceaux , Il s'engraissait, an prix de la France épuisée ; Et, sûr de rengoucment de la foule abusée , Il avait en trépied transformé ses tréteaux.

Et , poussant jusqu'au bout l'astuce de son rôle ,

Il voyait s'élever , au bruit de sa parole ,

Ces murs , préservateurs d'un terrible retour;

Mais , aux sons éclatants de ta voix franche et pure ,

Cet ignoble Amphion a perdu la mesure ;

La peur d'être connu nous le montre au grand jour.

Le reptile blessé sifQe malgré lui-môme;

Son instinct le trahit. Dans sa douleur extrême ,

Il aigrit son venin afin de se venger;

Et , ne i)Ouvant trouver déplus atroce injure

Que de nous accuser de sa propre nature ,

Il nous fait désireux du joug de l'étranger!

ird A UN ORATEUR DE LA HROITE.

Ah ! quand l'honneur français saigne par chaque pore , Quand son glaive scellé de dépit se dévore, Qu'à l'autel de la peur sont voués nos drapeaux , Quand de nos demi-dieux les ombres désolées , Lorsque descend la nuit , quittant leurs mausolées , Viennent pleurer autour de nos arcs triomphaux ;

Quand cet immense deuil n'est que leur propre ouvrage,

Je conçois les clameurs de dépit et de rage

Qu'à ton verbe puissant poussèrent les pervers.

On eût dit que , du haut des célestes domaines ,

Afin d'aiguillonner les éternelles haines,

Le nom du Christ était tombé dans les enfers î

Ah! tant de lâcheté ne sut que trop comprendre!

Le nom pur et sacré que tu leur fis entendre

A ces cœurs corrompus devait être odieux !

Les Bourbons ! nom d'amour , de gloire et d'espérance l

A UN OUATEUR DK LA DROITE.

Car ron ne peut trouver que riionneiir de la Franco En remontant le cours de leurs nobles aïeux.

Que la fortune fût pour eux bonne ou fatale , Clievaliers couronnés , à leur àmc royale L'amour du nom français ne fit jamais défaut ; Il était leur courage au milieu des batailles , Leur patrie en exil , leur orgueil à Versailles, Et leur consolateur au pied de l'écliafaud.

Tu fis bien. Quand la honte amène à la fortune , S'écarter et gémir est d'une âme commune. Afin de ressaisir ses destins triomphants , Va , la France ouvrira ses yeux à la lumière , Et voudra , sans tenir compte de leur bannière , Tôt ou tard autour d'elle avoir tous ses enfants !

Ce jour se lèvera. Tout noble cœur l'implore.

Mon Dieu , que mes regards puissent en voir l'aurore ,

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