A MONSIEUR VILLEMAIN
Dans le monde moral , le croyant sait combien Tout s'enchaîne : l'esprit ne peut faire du bien
Sans d'abord s'en faire à lui-môme; Votre verbe , déjà si richement doté ,
• A roccasioii (l«* sa brociiure iiililuh^c : La France, l'Empivn cl la Fapauté , question de droit public. l»aiis, 18ti0.
l8(» A MONSIEUR VILLEMAIN.
Kn passant à travers la divine clarté, En a pris la splendeur suprême.
Il a troublé la nuit des sinistres oiseaux
Et des loups amaigris qui flairent les tombeaux
De tout ce qui vit de rapines, De tout ce qui s'engraisse au métier de Judas, Et gagne des honneurs en couvrant de crachats
Les fronts saignants sous des épines.
Vous avez du bon droit relevé Tétendard , Et celui de l'esprit , qui traînait au bazar ;
Et , devant l'enfer qui l'abhorre , Justifié l'anneau du Pontife romain , Qui s'attache à celui que Dieu tient à sa main ,
Où tout ici-bas tient encore.
Et vous avez appris aux stupides typhons , Infimes ou puissants , sérieux ou bouffons ,
A MONSIEUR VILI-EMAI5Î, l8i
Qui le salissent de leur bave , Ce que serait le monde un jour, si cette voix Manquait, pour proclamer la sainteté des lois ,
Dernier refuge de l'esclave ;
Ce qu'il en adviendrait, si, suivant leur désir. Cette île de salut venait à s'engloutir
Sous l'océan qui l'environne !
Asile où le malheur est toujours innocent , Où reposent les fronts dont la foudre , en passant ,
Brûla la palme ou la couronne !
Jamais, de la justice ô généreux vengeur, Jamais si grand combat n'a montré si grand cœur ,
Ni tranquillité plus sublime:
Tel , d'un glaive trempé dans les ondes du ciel , En un calme divin , le radieux Michel
Tient sous lui l'Ange de l'abîme.
i8a À MONSiEun villemain.
Et le Seigneur déjà , dans l'arsenal des cieux , A placé votre plume , instrument glorieux ,
Auprès des armures célèbres , Qui , des sacrés parvis éloignant les pervers , En défendant la croix ont sauvé l'univers ,
Penché sur ses vieilles ténèbres.
19 janvier 1860.
A MONSIEUR Fr. rTUIZOT.
Niities de ses enfants a revu le premier; De son vieil écusson le glorieux palmier A, de joie et d'orgueil, reverdi de lui-mùme;
• Celte pifcceest adressée à l*hoimiie revenu ailx doctrines du droit, et qui souvent , dons ses écrits, a «n rendre justice à î'Kglisc Ci«tholiquct \fiot(t de J, lieàoul,)
l84 A MONSIEUR FR. GUIZOT.
Car votre renommée entre dans nos splendeurs , Roi par l'esprit , tombé des civiques grandeurs Sans rien diminuer de votre diadème.
impérissables sœurs de nos débris romains , Où des siècles passés sont écrits les destins , Vos œuvres , dévoilant les effets et les causes , Des empires Sauvés, des empires perdus, Avec la môme voix aux peuples suspendus , Rediront désonnais les fastes grandioses ;
De climats en climats , l'art civilisateur Semant sous son flambeau le jour consolateur , Rendant le joug plus doux aux nations moins rudes ; Et , pour ombre au tableau , les peuples au déclin , Comme un coursier sans mors , courant de l'Aventin Dans les honteux sentiers des grandes servitudes ;
A MONSIEUR FR. CUIZOT, «83
Ces âges d'équinoxc , où des souffles mortels Font sous les pieds divins vaciller les autels, Où la justice n'est qu'une vaine formule ; Ces terribles combats où, tout étant détruit , Même pour le vainqueur la victoire est sans fruit , Où tous veulent s'asseoir sur un trône qui brûle ;
Toute la profondeur de ces enseignements Uu'inflige le Très-Haut^ avec de longs tourments, Aux peuples amoureux de frivoles doctrines , Où le doute de Fànie a tué le remord , Où l'on pare de fleurs les portes de la mort , Où l'on boit en riant à l'Esprit des ruines ;
Puis le soleil chrétien versant , sous ses rayons , Une sève nouvelle aux vieilles nations , Et rendant parla foi la raison plus féconde; Astre qui doit survivre aux astres ennemis ,