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An X. — 1802.
PUÊLICÏIBF.^.RY
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ET
ibffertes à là Nation Française par M.NecKer^
Vy u I , ce sont les dernières, ces idées , tes vues que je présente en hommage à la Nation Française ; les dernières , ce mot convient à mon âge et à une santé qui s'affoiblit : c'étoit même pour un tems au-delà de moi ^ que je destinois cet ouvrage en le commençant.
Ce confident me plaisoit, il m'étoiC inconnu, et je pouvois , en imagination y le faire mon ami«
( iv ) Maïs je n^ai pas tardé à voir que je seroîs réduit à de vains discours , en séparant mes réflexions des choses présentes. Cette considération m'auroit gêné , m'auroit arrêté , peut-être , si , nié* connoissant l'empire des chrcohstances ^ je m'étois senti enclin , par aucune de mes opinion^ , à blâmer ou à désapprouver ; même intérieurement , les deux grandes dispositions de Tordre actuel en France, rexistence d'une autorité unique , et le dépôt de cette autorité entre les mains du Général Bonaparte. Mais je crois avec l'Europe, qu'après tant d'erreurs , après tant de fautes, l'institution d'une dictature, et le choix du Dictateur, ont préservé la /France de nombreux malheurs , Lui ont valu de plus une paix glorieuse, et le calme intérieur dont elle jouit.
Comment ne pas voir , cependant , qu'un règne est un instant dans la du-
rèe d^s siècles! nous pouvons Tadmîrer , ce règne , nous pouvons souhaiter sa durée; mais Tavenir est là tout entier, Tavenir est là qui nous regarde; et les hommes prévoyans 9 les hommes sages , doivent entrer en communication avec lui. Ils le doivent, et d'autant plus qu'assez d'autres près d'eux , envahis par le présent , n'ont aucune autre pensée. ^
Rapprochons cette idée générale de rétat de la France, nous indiquerons ainsi le cours de nos méditations , et leur direction vers un but utile,
La Constitution actuelle a reçu des .
atteintes qui prouvent sa foiblesse, et qui annoncent sa courte durée. Et comment n'auroit-on pas jugé , après un mûr examen, qu'elle n'avoit en elle^ même aucun soutien*? Toutes les autorités , dont elle est composée , ne peuvent
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ni se surveiller , ni s'entr'aider ; et Tin-^ dépendance du premier pouvoir a été préparée de toutes les manières.
Ces vérités de fait , pour être ins-tructives, ont besoin d'être rapportées à des principes; c'est peut-être Tunique moyen d'empêcher , qu'en voulant cor^ liger un jour des imperfections frappantes , on n'ait encore , sous des, for- ^ mes différentes, un résultat semblable.
C'est dooc là le premier sujet que j'ai dû traiter) et , en même tems^ j'ai montré l'inconvénient politique de ces combinaisons tinïides ^ où 9 en emprunt tant quelques traits de la Monarchie , et quelques traits de la République, on ne peut obtenir ni l'unité majestueuse de Tune , ni le mouvement animé de l'ai^tre,
• Ce sont ces deux Gouvernemens, qui , dan* l^iur pureté , doivent fixer la prîn-
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cipâle attention du Législateur; mais Tun et l'autre , dans leur application à la France , présentent de grar^des difficultés.
Je les ai approfondies ^ ces difficultés; et j'essaierai de les décrire. J'ai même été plus loin ; et je me suis hasardé à tracer deux plans de Gouvernement, Tun sous le nom de Monarchie héréditaire et tempérée , l'autre sous le nom' de République , une et indivisible , et soumise , autant qu'il est raisonnable* ment possible , aux lois de l'égalité.
. J'ai quitté , dans cette occasion , le poste abrité des idées générales ; et je ne l'ai pas fait sans en connoître le péril.
Le plan d'une République , une et indivisible , d'une République véritable et reconnue pour telle , m'a donné le plus de peine ; mais deux intérêts m'ont attaché à ce travail.
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J*ai cru que si les circonstances ramenoient jamais un tel Gouvernement, comme il est possible, on devroit souhaiter , au nom de la patrie , au nom même de Thumanité , qu'il y en eût un modèle, tracé hors des tems de passion, un projet déposé quelque part , et moins dangereux que les systèmes , dont on a fait répreuve pendant le cours de la révolution.
J'ai cru aussi , que , pour comparer de bonne foi la Monarchie avec la République , la République avec la Monarchie , il falloit d'abord rechercher le degré de perfection , qu'on pouyoit donner en France à ces deux, genres de Gouvernement. Et cette obligation est d'autant plus essentielle, d'autant plus de rigueur , qu'il ne suffit plus aujourd'hui d'un jugement spéculatif; il faut examiner ce qui peut réussif au milieu de tant d'opinions en divers sens, de
( ix ) tant d'habitudes déjà devenues fortes ^ et de tant de passions encore prêtes à renaître : ce qu^on peut faire aussi sous la protection, de l'homme nécessaire ^ et nous donnons tous ce nom à Bqna> parte.
I L y a plus d^ilne sorte de Républi-^ ques , plus d'une sorte de Monarchies :
ainsi, après avoir examiné la Monarchie ( héréditaire et tempérée , et la République une et indivisible, ces deux Gouvernemens entre lesquels Topinion de!
la France semble partagée, j'ai dû fixer mes regards sur quelques autres systè-^ mes politiques; et je l'ai fait rapidement , lorsque des motifs décisifs ont simplifié pour moi les questions.
Il est une pensée qui m'est revenue souvent da/is le cours de mes médita* tions ; c'est que les obstacles , apportés
. par les circonstances à rëtaLIissement d'un bon Gouvernement constitutionnel, n^étoiejat ni connus^ ni pressentis par les personnes même habituées à la, réflexion.
Cependant , des difficultés redouta^ blés se présentent pour tout* Une République , une et indivisible , au milieu d'un vaste pays , agrandi encore chaque jour par des conquêtes! Une République fédérative, au milieu d^une Nation qui veut se mouvoir à grands flots vers la gloire et la renommée ! Une Monarchie héréditaire , quand les àccompagnemens de la royauté n'existent plus ; quand les élémens d'opinion , nécessaires à Texistence , à l'ascendant des Pairs et des grands Seigneurs , sont presque dissous ! Une Monarchie militaire , au milieu des lumières de notre siècle!
Une aristocratie patricienne , avec le goût présent des Français pour l'éga--
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lité ! Une aristocratie bourgeoise , avec leurs dispositions dédaigneuses pour tou* tes les supériorités faites à la main!
Voilà , tout au moins , de grands sujets de réflexion.
. J'ai retrouvé, en les étudiant, la plupart des vérités que j'avois consacrées dans mes premiers écrits politiques t mais une. suite d'événemens sans pareils ayant fait de la F^rance un monde nouveau, je serois resté trop en arrière de ses intérêts présens et de son esprit public , si je n'avois pas repris, plusieurs questions; si je n'étois pas sorti du mieux abstrait , pour considérer les choses faites , et les choses possibles. ^
La ténacité exclusive à une seixle idée donne Tair delà force, et attire vers nousTattentiçu; mais elle ne vaut rien pour Futilité sociale ; et si Ton désire que la pensée se rapproche de Taction , on doit suivre continuellement le
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niOiivement des hommes , le cours dé leurs opinions 9 la naissance et Faccrois^ sèment de leurs préjugés^
J'ai terminé cet ouvragfe par des réflexions sur les finances; et je les ai destinées au tems présent comme à l'avenir- Ainsi j les intérêts d'une Nation que j'ai long-tems servie , ses intérêts principaux auront encore fixé mes dernières J)ensées. Je me retire maintenant: etj certain que je suis de beaucoup de censeurs , au milieu de tant de partis, je ii'attends rien qui me plaise , rien en contentement personnel ; si ce n'est d'un consolateur éprouvé , le souvenir d'une intention pure , et d'un attachement con-» tinuel au bonheur de la France^
Sun