‹ Derniers chantsChapitre 24 sur 65 · UNE ÉTOILE SUR LES LAGUNES · texte numérisé non relu

UNE ÉTOILE SUR LES LAGUNES

Puis un an , puis un siècle passe, Puis encore un siècle, et ton cours T'entraîne toujours dans l'espace, Loin de lui qui te fuit toujours.

Soumise a des lois si funestes .

Que lu dois errer tristement Dans les solitudes célestes, Dans les déserts du firmament !

Pleure, pleure, étoile charmante , Et luis sur nous dans tes douleurs Comme moi , mon amie absente Te regarde en versant des pleurs.

Venife.

« Conduis-moi, beau gondolier, Jusqu'à Rialto, dit-elle :

Je te donne mon collier, Et la pierre en est si belle ! »

Pourtant elle eut un refus.

« C'est trop peu , sur ma parole.

Pour entrer dans ma gondole.

Non -, Gianetla, je veux plus. »

« Tiens, je sais un lamento; Je le chanterai, dit-elle, En allant a Rialto ; La musique en est si belle ! »

Pourtant elle eut un refus :

« Quoi! pour une barcarole, Vous , entrer dans ma gondole !

Non ; Gianelta, je veux plus. »

Son chapelet dans les mains, « Tiens, le veux-tu? lui dit-elle L'évêque en bénit les grains , Et la croix en est si belle! »

Pourtant elle eut un refus :

« Quoi, pour ce pieux symbole, Vous . entrer dans ma gondole !

Non ; Gianelta, je veux plus. »

Sur le canal cependant

Je ic vis ramer près d'elle,

Et rire en la regardant.

Qu'avait donné celte belle?

Elle aborda, Pair confus.

Lui, fidèle h sa parole, Hemonta dans sa gondole Sans rien demander de plus.

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