UNE ETOILE
Comme moi sur celle onde morle , Où Ion pâle éclat vient mourir.
Mornes soleils, clartés paisibles Qui nous versez des feux si doux A nos maux êtes-vous sensibles ?
Aimez-vous aussi comme nous?
En maudissant son esclavage , Peut-être un astre , tes amours , Roule son éternel veuvage Loin du cercle que tu parcours :
Ou peut-être, si tu vois poindre Son globe amoureux dans les airs Si vos rayons pour se rejoindre Des deux traversent les déserts ;
SUR LES LAGl NES. 205
C'est à des siècles d'intervalle, Quand sur nous il vient en passant , De sa chevelure fatale Déployer l'éclat menaçant.
Avec tes feux sa flamme errante Se confond dans l'immensité :
La terre tremble d'épouvante , Et tu frémis de volupté.
Mais vainement lu le rappelles ; Il fuit, il fuit, et, pour adieux, Lance vers toi les étincelles Qu'il secoue au penchant des cieux.
Comme un phare a travers l'orage, Il voit pâlir ton éclat pur Sur cet océan sans rivage Dont il fend les vagues d'azur.