‹ Derniers chantsChapitre 38 sur 65 · LE MARRONNIER D'ÉLISA · texte numérisé non relu

LE MARRONNIER D'ÉLISA

Le marronnier planté pour elle Livre au soleil d'avril ses bourgeons entr'ouverts. Printemps, de tes couleurs prodigue la plus belle ; Nuit, tes pleurs les plus frais versés du haut des airs -, Soleil, les plus doux feux de ta chaleur nouvelle 5 Donnez, prodiguez tout aux bourgeons entrouverts

Du marronnier planté pour elle !

Le marronnier planté pour elle Se couronne en riant de ses premières fleurs. L'oiseau qui vient de naître, a leur blancheur nouvelle , Vient confondre l'éclat de ses jeunes couleurs ; Chantre léger des airs, tu deviendras fidèle En commençant d'aimer sur les premières fleurs

Du marronnier planté pour elle !

Le marronnier planté pour elle Perd tour à tour loin d'elle et reprend ses rameaux. Quand ses jours sont flétris, en vain l'homme rappelle Ceux dont il a jonché le chemin des tombeaux.

LE 1Y1A1U10NNIER D'ÉLISA. 241

Plus de retour pour eux, plus de fraîcheur nouvelle!... Ils s'effeuillent pourtant ainsi que les rameaux Du marronnier planté pour elle.

Le marronnier planté pour elle Voit se faner les miens dans l'été de mes ans; Ne viendra-t-elle donc que si la mort l'appelle? Eh hien ! que je succombe ; et , sous l'herbe des champs , En tombant de ses mains qu'une feuille se mêle Aux feuilles que sur moi jettera tous les ans

Le marronnier planté pour elle.

Do Saint-Just,

Adieu, Madeleine chérie, Qui te réfléchis dans les eaux , Comme une fleur de la prairie Se mire au cristal des ruisseaux.

Ta colline, où j'ai vu paraître Un beau jour qui s'est éclipsé, J'ai rêvé que j'en étais maître 5 Adieu! ce doux rêve est passé.

ic,

244 adieu:

Assis sur la rive opposée , Je te vois, lorsque le soleil Sur tes gazons boit la rosée , Sourire encore à ton réveil , Et, d'un brouillard pâle entourée, Quand le jour meurt avec le bruit , Blanchir comme une ombre adorée Qui vous apparaît dans la nuit.

Doux trésors de ma moisson mûre, De vos épis un autre est roi ; Tilleuls dont j'aimais le murmure, Vous n'aurez plus d'ombre pour moi Ton coq peut tourner à sa guise, Clocher, que je fuis sans retour :

Ce n'est plus a moi que la brise Lui dit d'annoncer un beau jour.

Cette fenêtre élait la tienne, Hirondelle, qui vins loger Bien des printemps dans ma persienne, Où je n'osais te déranger;

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