ACTE I, SCENE I. ïM
Salutaire ou fatal, que du ciel il émane Ou de... je le lirai.
GONTIIAN, qui s'éveille à demi et s'adresse à un personnage qu'on ne voit pas.
Lruit importun! pourquoi Permets-tu que ce bruit arrive jusqu'à moi ? 11 me trouble.
MÉLUSINE
Fuyons!... C'est faiblesse : il sommeille. Quel manuscrit savant occupait donc sa veille? Serait-ce?.. Le voila sous sa lampe enlr'ouvert! Approchons!... De ses bras le vélin est couvert. Oh! ce livre toujours trompera mon attente, Et, le seul interdit , c'est le seul qui me tente.
GONTRAN , éveillé tout à fait et toujours au même personnage.
Esclave, encore un coup! je prétends reposer :
Va dire de ma part aux vents de s'apaiser,
Au lac ressuscité qui franchit sa limite
De rentrer dans la tombe où dort son eau maudite;
Dis au tonnerre enfin de se taire à ma voix.
Va 5 depuis quand faut-il que je parle deux fois ?
Va, cours, vole!
MÉLUSINE, à part.
Quel est cet esclave invisible?
254 MÉLUSINE
GONTRAN
Je ne veux rien de lui, rien qu'un sommeil paisible; Je ne l'ai pas.
GONTRAN , se levant.
Vous, Mélusine, ici!
Qui vous donne le droit de me surprendre ainsi?
MÉLUSINE
Je venais...
GONTRAN
Vous veniez pour m'épier encore.
MÉLUSINE
Souvent l'élude ici m'appelle avant l'aurore; Et vous le permettez.
GONTRAN
Pourquoi l'ai-je permis?
Personne, avant le jour, n'y doit plus être admis; Pas même vous. Sortez !