ACTE I, SCENE I
MÉLUSINE
Cette ardeur de connaître Dont je suis consumée, en moi qui l'a fait naître? Vous, Gontran.
GONTRAN
C'est ma faute, et, seul, j'ai l'ait le mal. D'un fol attachement l'excès vous est fatal. Mieux eût valu pour vous que mon indifférence Eût laissé votre esprit vieillir dans l'ignorance.
(Avec plus de douceur.)
Obéissez.
MÉLUSINE , qui fait un pas.
Je sors.
(Revenant.)
Mais à qui parliez-vous?
GONTRAN
Quand ?
MÉLUSINE
Tout à l'heure.
GONTRAN
Moi?
25G MÉLUS1NE.
MÉLUSINE
L'œil ardent de courroux.
GONTRAN
Reste confus du trouble où le sommeil nous plonge! On voit, les yeux ouverts, l'objet qu'on vit en songe. Je rêvais.
MÉLUSINE
Cependant l'ouragan s'est calmé 5 Le lac dans sa torpeur retombe inanimé 5 Comme pour obéir, l'éclair meurt, et l'orage S'enfuit silencieux dans les flancs du nuage.
GONTRAN
Le hasard l'a voulu.
Non.
GONTRAN
Quoi! les éléments, Vous les croyez soumis a mes commandements? Pouvez- vous le penser? vous!