‹ Derniers chantsChapitre 46 sur 65 · LES PRÉCÉDENTS, MATHILDE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS, MATHILDE

MATHILDE, à Mélusine.

C'est vous! mes terreurs m'ont trompée; D'une pensée horrible en m'éveillant frappée, Près d'un abîme ouvert je vous voyais, ma sœur.

CONTRAN.

Ce désordre du ciel a troublé voire cœur.

MÉLUSINE

Quelle faiblesse , enfant î

MATHILDE

Lorsque la foudre gronde, Calme, vous souriez.

264 MELUSINE

MÉLUSINE

Toi, tu frémis.

MATHILDE

Au monde Pour toujours, comme moi, quand on va dire adieu, On entend dans ce bruit la grande voix de Dieu. Son nom, mon seul recours, s'échappa de ma bouche; Sous le rameau bénit qui protège ma couche, Mouillant mon front d'eau sainte et pliant les genoux, Je priai, chère sœur, non pour moi, mais pour vous; Pour vous aussi, Gontran, pour la nature entière-, Et le calme sembla renaître à ma prière.

MÉLUSINE , à part.

A sa prière!

MATHILDE

Hélas! disais-je, il est minuit; Baudouin sous l'eau du ciel s'égare dans la nuit. A-t-il même un rocher pour abriter sa tête? Ne permets pas du moins, mon Dieu, que la tempête Au cimeterre unie abatte les chrétiens : Fais qu'ils n'aient au désert d'ennemis que les tiens!

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