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LES NOUVELLES COUCHES ITALIENNES

ces sortes d'affaires, avait pourtant commis une forte imprudence. Il n'avait point trouvé l'homme, ne lui avait point parlé le premier, ne lui avait point remis directement le poignard que les compères avaient euxmêmes emprunté: sur tout cela, il est irréprochable. Mais il avait, après le coup, voulu baisser le prix et tenté d'escroquer une partie de la somme promise. Au lieu de cinq mille francs, il parut essayer de n'en donner que deux mille. Entre gens d'honneur, cette lésinerie est indélicate. Fra Diavolo et la vieille école auraient pu faire cela, mais un homme politique doit être de son temps. Luciani leur parut rétrograde, ils le firent prendre. S'ils sont acquittés et rétablis dans leurs droits civiques, ils ne l'éliront pas. Il a voulu tromper le peuple, jamais il ne sera le député de leur cœur.

Telle est l'affaire qui sera jugée le mois prochain, en audience publique. Elle intéresse la vieille Europe autant que la jeune Italie, puisque ces beaux italiens aspirent à devenir les maîtres du monde, suivant la promesse de M. Gioberti et de M. le comte de Cavour. Tous les inculpés sont dans la fleur de l'âge, dans la ferveur des illusions et des croyances qui animent ce peuple naissant. Les journaux, la tribune, les cantiques de délivrance, la science moderne ont fait leur éducation. Sonzogno lui-même était un jeune juif, un juif émancipateur; et le beau Luciani, qui promettait de briser les derniers fers de Rome, n'a eu que le tort de montrer, sur certains points, trop de goût pour les vieux us de Fra Diavolo.

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