LE PROCÈS D'ARNIM
Saint-Père ne daigna pas s'en plaindre; mais on put voir qu'il en souffrait.
Nous nous rappelons d'avoir vu M. d'Arnim à la gare du chemin de fer de Rome, au moment d'un des grands départs d'évêques, qui suivirent immédiatement le concile. La guerre était déclarée entre la Prusse et la France. Il venait surveiller, nous a-t-on dit, l'embarquement de plusieurs chevaux, qu'il envoyait à son fils, officier dans le corps d'invasion. Les regards qu'il jetait sur les évêques et sur les autres voyageurs français, étaient ce que l'on peut imaginer de plus discourtois. Il semblait avoir le pressentiment et l'assurance de la victoire et se donner par avance la joie d'écraser des Vaincus. On imaginerait difficilement rattitude d'un plus implacable ennemi.
Il paraît cependant que ce ne fut rien encore, en comparaison de la satisfaction insultante et cruelle qu'il laissa léclater devant les serviteurs du Pape, pendant l'entrée de . Victor-Emmantiel. Les témoins en étaient gênés, on eût souhaité pour lui qu'il dissimlilât un peu cette ivresse de voir crouler Rome.
Il ne prévoyait pas qlie, dès lors, il était lui-même plus vaincîu que le Pape et la France catholique. Les pativres triomphateurs humains ne veulent pas croire qU.e les fortunes ^'e ce monde puissent être si changeantes, et ne pensent jamais que l'avenir appartient à Dieu.
le^ juillet 1875.
Dans une affiche à S. M. Electorale de Bretagne, qu'il cherchait à saouler d'encre et de vin pour s^attirer ses bonnes grâces, fun. aspirant député (1), jadis commentateur de Leibnitz, ia parlé de la dîme. Il promettait d'en empêcher le rétablissement, et de l'abolir tout à fait s'il en reste quelque chose. S. M. Electorale Ta éconduit, mais il pourra revenir. Le peuple de France à besoin de plusieurs hommes qui lui promettent d'abolir la dîme; pourquoi ne serait-il pas l'un de ces hommes-là? Nous lui demandons un moment d'entretien sur la dîme précisément.
Dans la multitude qui en parle, il est difficile de trouver quelqu'un à qui l'on puisse répondre. Ce sont quasi tous gens de rien, journalistes rouges de province, courtiers d'élections rouges, hurleurs anonymes. La question de la dîme a pris naissance parmi eux. Ils en ont fait une machine inepte, mais bonne à faciliter le jeu de la machine à couper le cou. Leui