‹ Derniers mâelangesChapitre 162 sur 208 · BUFFET CONTRE GAMBETTA · texte numérisé non relu

BUFFET CONTRE GAMBETTA

16 juillet 1875.

Hier, dans la Chambre, à la suite des belles affaires qui ont mis en lumière le jeune M. Savary, s'est dénoué, impromptu, l'imbroglio de la conjonction des centres et de la coalition des gauches (1). Ce n'est peut-être que le commencement d'un autre imbroglio dont l'issue est ignorée; mais, pour le moment, il y a un dégonflement prodigieux de M. Gambetta, qui était en si bon train de devenir grand politique. Hier, il pesait des quintaux et tenait une place prépondérante; aujourd'hui il ne pèse quasi plus rien, mou comme un ballon éventré. Il s'est attiré ce malheur par une imprudence qu'on s'étonne qu'il ait commise. Il avait trouvé l'occasion bonne pour renverser tout au moins M. Buffet, il l'a heurté de sa masse; M. Buffet, profitant de la circonstance, l'a crevé de sa pointe. Le spectacle a été aussi curieux qu'inattendu. Au point de vue de l'art, il fait grand honneur à M. Buffet. Sans doute, ce n'est pas une grande merveille qu'une déchirure et une faite de gaz; mais encore fallait-il

1. A propos de la discussion de l'enquête contre les menées du comité de l'appel au peuple. — M. Savary était rapporteur de la commission. Au cours du débat, M. Buffet, ayant fait allusion aux manœuvres non moins dangereuses du parti radical, fut violemment interpellé par Gambetta, dont l'intervention n'aboutit qu'à donner au ministère l'occasion d'une victoire.

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