‹ Derniers mâelangesChapitre 17 sur 208 · PIE IX, PAPE · texte numérisé non relu

PIE IX, PAPE

Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.

Non seulement dans tout ce que vous avez fait, vénérable frère, il ne se trouve rien qui ait pu Nous déplaire, mais Nous Nous sentons plutôt obligés de

1. Le prétexte invoqué contre Vlhùvers était d'avoir publié tel document (cette lettre pastorale elle-même) de nature à provoquer des incidents diplomatiques.

louer le zèle et rempressement avec lesq;uels, au milieu même des graves occupations de la sacrée visite, vous avez voulu porter incontinent Notre Encyclique à la connaissance de votre peuple; prenant soin, dans votre lettre pastorale, d'en relever en quelques mots opportuns les points principaux, afin que l'énergie et le sens en fussent plus facilement compris des intelligences les moins cultivées. Si, en vertu de Notre ministère suprême, Nous devons signaler les maux dont l'Eglise est affligée, revendiquer ses droits outragés, condamner les scandales, reprendre les coupables, louer les bons, maintenir fermes ceux qui chancellent, fortifier ceux qui sont persécutés, arracher les simples aux périls et aux embûches, tous ces devoirs, Nous ne pouvons assurément les accomplir ni plus convenablement ni plus efficacement que par le moyen de ceux qui, appelés à partager notre sollicitude, ont été établis les maîtres et les sentinelles en Israël, pour régir et gouverner les Eglises particulières.

Vous étant donc borné à remplir la mission qui vous était confiée, et l'ayant noblement accomplie, si votre lettre publiée ailleurs est devenue pour quelqu'un l'occasion d'un dommage matériel, il n'y a rien dans cet événement qui doive vous causer la moindre inquiétude; surtout puisque cette même lettre, déjà précédemment livrée par la presse à la publicité dans votre diocèse, n'avait suscité aucune réclamation; ce qui démontre clairement que la peine infligée à cette nouvelle publication a eu son origine, non dans la lettre elle-même, mais dans des motifs antérieurs.

Continuez, Vénérable Frère, selon que vous vous en êtes hautement et courageusement expliqué, à enseigner ce qu'enseigne cette chaire de vérité, à réprouver et à condamner ce qu'elle réprouve et condamne; car par là, non seulement vous éviterez tout péril d'erreur, mais vous nourrirez constamment votre peuple de la saine et sûre doctrine, et vous mériterez de Dieu la récompense promise au serviteur fidèle.

BREF DU SAINT PÈIl*E A MGR l'ÉVÊQUE DE PÉRIGUEUX 61

En , attendant, comme gage de cette faveur et en témoignage de notre bienveillance spéciale, Nous vous accordons bien affectueusement, à vous, vénérable frère, ainsi qu'à tout votre clergé et à votre peuple, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 19 février de l'an 1874, et de Notre pontificat le vingt-huitième.

Pie IX, Pape.

Ce bref doit être rapproché de celui qui a été adressé, le même mois, au rédacteur de VUnivers, à l'occasion de la suspension du journal. Tous deux ensemble font connaître la magnanimité de Pie IX, qui ne veut redouter d'autre dommage pour lui et pour les siens que le refus de servir d'organe à la vérité : « Vous étant borné à remplir la mission qui vous était » confiée et l'ayant noblement accomplie, il n'y arien » dans cet événement qui vous doive causer la moin- » dre inquiétude... » Ce sont de ces paroles qu'un catholique doit prendre au pied de la lettre, et se répéter toujours pour y conformer sa conduite, au mépris de tout conseil de la sagesse humaine. Ce que le Pape juge à propos de dire au monde, il est bon, il est sage, il est opportun de le faire entendre au monde. En parlant, il crée l'opportunité de parler, et la sagesse consiste à parler comme lui, car alors on avance d'autant le triomphe de la vérité, qui est la chose souverainement opportune. Quant au dommage qui peut en résulter pour tel ou tel individu, rien n'importé moins, et celui qui souffre un dommage pour la vérité doit s'en réjouir.

Nul ne le sait mieux que ceux qui ont passé par là.

INSCRIPTION DE LA ROGHE-EN-BRENIL

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