‹ Derniers mâelangesChapitre 193 sur 208 · LE TRÈS REVEREND PÈRE COLIN · texte numérisé non relu

LE TRÈS REVEREND PÈRE COLIN

gislateur. Pendant dix-huit ans encore, il consdta, médita, pria. C'est alors que ses enfants, plusieurs fois réunis autour de lui, purent apprécier sa prudence, son génie et sa vertu. Il n'avait voula rien faire sans leur aveu, et ils ne purent rien refuser de tout ce qu'il désirait. Après le chapitre de 1872, l'œuvre lui parut complète. A ce code religieux si longuement et si mûrement perfectionné, il ne manquait plus que là confirmation du Vicaire de Jésus-Christ. Pie IX, le Pontife de l 'Immaculée-Conception, la donna pleinement le 23 février 1873. Alors, délivré de toute inquiétude et de tout regret, descendant du Sinaï les tables de la loi à la miain, le vénérable fondateur pria Dieu de le laisser aller en paix. Accablé d'infirmités, qu'il supportait sans jamais se plaindre, il s'est éteint peu à peu, « comme une lampe qui a consumé pour Dieu, en éclairant le sanctuaire, tout ce qu'elle avait d'aliment (1). »

Telle fut la vie de cet homme que n'a point connu le monde et qui vient de mourir obscurément dans le coin où il priait. Mais cette vie obscure a été employée à consulter Dieu, et cet homme inconnu laisse une œuvre qui durera encore et qui sera encore pleine et éclatante de sa vie, lorsque ses contemporains et la plupart de leurs œuvres, un moment si fortes et si retentissantes, auront disparu pour jamais. Comme Moïse, il a proclamé lune loi de Dieu et il a vu de ses yeux les peuples et le monde que Dieu donnerait à sa postérité.

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