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LE RÉPUBLICAIN ET LE CONSERVATEUR

24 juin 1874.

La France politique ne se divise pas en deux ou trois partis définis et forinés, qui connaissent réciproquement leurs vues et leuis forces et qui puissent se combattre, se vaincre ou s'accorder. Malgré les enseignes, on peut dire qu'il n'y a point en France de parti, parce que chacun y forme un parti différent, personnel et mobile comme l'individu lui-même. Les masses se séparent en groupes, les groupes en pelotons, les pelotons en parcelles, les parcelles en miettes, en atomes, et la division ne s'arrête pas là. L'atome, qui n'est parfaitement d'accord avec personne, n'est pas d'accord avec lui-même. Il a d'un côté sa voix, d'un autre côté son esprit, et parfois d'un autre encore son cœur. Ces poussières suivent le vent; ce vent tourne, s'affaisse, souffle de furie; les poussières tourbillonnent, retombent, se précipitent. Les unes sont plus légères, les autres moins; elles ne suivent point le vent d'une allure égale; mais toutes sont poussière, se laissent emporter et restent désunies. Quand môme le vent emporterait tout et saurait bâtir, que ferait-il de ces poussières?

Ni M. d'Audiffret-Pasquier, ni M. Périer, ni M. de

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