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AUX INSTITUTEURS ET CONTINUE SES PETITES CORRESPONDANCES

26 avril 1875.

Voilà trois ou quatre semaines que M. de Villemessant ne compte plus sur la clientèle du clergé. Il vou-

lait lui enseigner la littérature, la politique et la science de la vie. Refusé décidément, il jette en silence d'abondantes amorces dans le peuple naïf des instituteurs,- leur offrant du raliais et leur promettant toutes les jouissances d'esprit que peuvent donner Frou-Froii, le Monsieur de VOrchestre et le Masque de Fer revenus à la vertu. Cette manœuvre est dirigée avec art, sans bruit. Rien.qiii puisse faire rougir Pandore 1 Ce n'est pas tout à fait le journal des connaissances utiles^ mais ce n'est presque plus le Figaro.

Par l'esprit, par les mœurs, modestement il brille Le maire en permettra la lecture à sa fille.

Nous ne pourrions qu'applaudir à un changement si heureux et si favorable à la paix; malheureusement, il reste tm point noir. Tout en faisant ce Figaro décent et gratté, M. de Villemessant ne renonce pas au cher projet d'acclimater chez nous ces petites correspondances dans le goût allemand. Elles empoisonnent toujours son numéro du dimanche. On les voit moins; elles sont rares, rabotées, poHes, habillées en bourgeoises et même en pensionnaires, mais il y en a toujours. Nous demandons toujours qu'on les expulse...

Arracher brin à brin Ce qu'a produit ce mauvais grain.

Nous voudrions être dispensés d'en prouver de nouveau la nécessité, mais, s'il le fallait absolument, nous saurions nous y résoudre, dût M. de Villemessant nous actionner en vingt mille francs de dommagesintérêts, et le ministère public appuyer énergiquement et sévèrement sa demande. Pour l'amour de la paix, dans l'intérêt même de ses visées sur les instituteurs, est-ce que M. de Villemessant ne voudra pas nous éviter cet ennui?

Encore une fois, qu'il abdique ses correspondances ! Il ne les publie que pour obliger la jeunesse, nous le

savons bien, et nous croyons qu'il est conduit par les intentions les plus pures. Il y a toutes sortes de personnes qui auraient intérêt à se rencontrer et qui trouvent des difficultés à s'avertir; il s'entremet. Figaro a toujours été un canal entre Almaviva et Rosine, et qui ne leur coûte pas cher, puisqu'il ne prend que trente sous ou trois francs. Il les aide à duper Bartolo; c'est presque une bonne œuvre. Il est naturel aussi que M. de Villemessant, célèbre par son ingéniosité, soit sensible à la gloire de créer pour la presse française une nouvelle source de revenus. Nous comprenons tout cela et le reste. Mais d'un autre côté, le monde est si mauvais et si ingém'eux à se perdre qu'il pourrait abuser de ce procédé et l'utiliser contre les moeurs, malgré la surveillance des préposés de M. de Villemessant. D'autres journaux, moins scrupuleux que le sien, s'en empareraient; les correspondances finiraient par manquer de respect aux lois du mariage, elles corrompraient même les instituteurs primaires, et la presse, déjà bien ciompromise, arriverait à faire up. vilain métier.

Quel repentir dans l'âme royaliste et pieuse de M. de Villemessant 1

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