‹ Derniers momens de Napoléon (volume 2)Chapitre 17 sur 38 · TOMB II. M · texte numérisé non relu

TOMB II. M

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tnissement» une même angoisse, un même pressentiment de l'instant fatal que chaque minute approchait de nous.

10 heures a. m. — Pouls anéanti. J*en suivais avec anxiété les pulsations, je cherchais si le principe de vie était éteint, lorsque je vis arriver Noverraz pale, échevelé^ tout hors de lui. Ce malheureux, affaibli par quarante-huit jours d^une hépatite aiguë accompagnée d'une fièvre synocale, entrait à peine en convalescence : mais il avait appris le fâcheux état de FEmpereur, il voulait voir encore, contempler une dernière fois celui qu'iL avait si long-temps servi ; il s'était fait descendre et arrivait fondant en larmes. «Fessaye de le renvoyer ; mais son émotion croit à mesure que je lui parle ; il s'imagine que l'Empereur est menacé, qu'il l'appelle au secours; il ne peut l'abandonner, il veut combattre, mourir pour lui. Sa tête était perdue ; je flattai son zèle^ je le calmai, et revins à mon poste.

11 heures a. jmuc— Borborygmes. — Météorisme abdominal. — Refroidissement glacial

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des extrémités inférieures et bientôt de tout le corps. — Œil fixe. — Lèvres fermées et contractées.--*Forte agitation Ses ailes du nez. — ^Adynamie la plus complète. — Pouls extrêmement faible, intermittent et variant de cent deux à cent huit^ cent dix et cent douze pulsations par minute. — Respiration lente, intermittente et stertoreuse. — Tiraillemens spasmodiques arqués de Tépigastre et de Festomac, profonds soupirs, cris lamentables, mouvemens convulsits qui se terminent par un bruyant et sinistre sanglot. Je place un vésicatoire sur la poitrine, deux sur les cuisses, et j'applique deux larges sinapismesà la plante des pieds.

Je fais des fomentations sur le milieu de Tabdomen avec une bouteille remplie d'eau chaude ; je lui rafraîchis continuellement lés lèvres et la bouche avec de l'eau commune mêlée d'eaU de fieur d^orange et de sucre ; mais le passage est spàsmodiquement fermé, rien n'est avalé : tout est vain. La respiration, luctueuse et intermittente, est accompagnée d'une grande agitation des muscles abdominaux. — Les paupières restent fixes, les yeux se meuvent, se renver-

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sent sdu9 les paupières supérieures, le pouls tombe^ se ranime. Il est six heures moins onze ÉQinutesy Napoléon touche à sa fin ; ses lèvres se couvrent d'une l^ere éoume j il n*est plus : ainsi passe la gloire.

Tout 8*éeoule aussitôt; ce n*est que pleurs, que sanglots; chacun est accablé d'une perte aussi cruelle. Nous étions dans le premier saisissement de la douleur ; deux Anglais en profitent^ et se glissent au mi-* lieu de nous : ils pénètrent dans le salon^ découvrent, palpent l'Empereur, et se retinrent comme ils sont venus. Cette profana^ tionnous rend à nous-mêmes, nous rentrons, nous veillons sur le cadavre; des mains Anglaises ne doivent pas le souiller.

Il y avait six heures qu'il était sans vie ; je lé fis raser, laver, et le plaçai sûr un autre lit ; de leur côté, les exécuteurs testamentaires avaient pris connaissance de deux codicilles qui devaient être ouverts immédiatement après la mort de PËmpereur; Tun était relatif aux gratifications qu'il ac* cordait sur sa cassette à toutes les personnel

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de sa msûson et aux aumônes qu'il âûsait distribuer aux pauvres de Sainte-Hélène ; Vautre contenait des instructions sur ses funérailles ; il était ainsi conçu.

Avril le 16, 1821, Longwood.

Ceci est un codicille de mon testament.

1. Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple Français que j'ai tant aimé.

99. Je lègue aux Comtes Bertrand, Montholon, et à Marchand l'argent, bijoux, argenterie, porcelaine, meubles, livres, armes» et généralement tout ce qui m'appartient dans Tile de Sainte-Hélène.

Ce codicille, tout entier écrit de ma main, est signé et scellé de mes armes.

(Sceau.) Napoléon.

Les€xécutetu:s testamentaires notifièrent cette pièce au gouverueur, q^àise récriai su^r cette prétention, et déi?lara qu'elle ét^ in-

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