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TOME II. N

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largeur. Uoriifice du pylore était dans un état tout-à fait normaL Les bords de Tulcère présentaient des boursouflemens fongueux remarquables, dont la base, dure, épaisse et squirreuse, s*étendait aussi à toute la surface occupée par cette cruelle maladie.

Le petit épiploon était rétréci» gonflé, extrêmement durci et dégénéré. Les glandes lymphatiques de çë repli péritonéal, celles qui sont placées le long des courbures de Testomac, ainsi que celles qui avoisinent les piliers du diaphragme étaient en partie tuméfiées, squirreuses, quelques-unes même en suppuration.

Le tube digestif était distendu par une grande quantité de gaz. A la surface péritonéale et aux replis péritonéaux, je remarquai de petites taches et de petites plaques rouges, d'une nuance très-légère, de dimensions variées, éparses et assez distantes les unes des autres. La membrane plus composée de ce canal paraissait être dans un état normal. Une matière noirâtre

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et extrêmement visqueuse enduisiait les gros intestins.

Le rein droit était dans un état normal ; .celiii du côté gauche était déplacé et renversé sur la colonne lombo-vertébrale ; il était plus long et plus étroit que le premier; du reste ii paraissait sain. La vessie^ vide et très-rétrécie, renfermait une certaine quantité de gravier mêlé avec quelques petits calculs. De nombreuses plaques rouges étaient éparses sur la membrane plus composée ou muqueuse ; les parois de cet organe étaient en état anormal.

Je voulais faire l'examen du cerveau.

L'état de cet organe dans un homme tel que l'Empereur était du plus haut intérêt ; mais on m'arrêta durement : il fallut céder.

J'avais terminé cette triste opération. Je détachai le cœur, l'estomac, et les mis dans un vase d'argent rempli d'esprit-de-vîn. Je réunis ensuite les parties séparées, les assemblai par une suture ; je lavai le corps, et fis place au valet de chambre, qui l'ha-

billa comme il avait coutume de Têtre pendant sa vie: caleçon, culotte de casimîr blanc, gilet blanc, cravate blanche surmontée d'une cravate noire bouclée par derrière; grand cordon de la Légîon-d^Honneur, uniforme de colonel de chasseurs de la garde *j décoré des ordres de la Légion d'Honneur et de la couronne de fer; longues bottes à Pécuyère avec de petits éperons; enfin chapeau à trois cornes.

Ainsi vêtu, Napoléon fut enlevé, à cinq heures et trois quarts, de cette salle où la foule pénétra aussitôt. Le linge, le drap qui avait servi à la dissection du cadavre, tout fut emporté, déchiré, distribué ; ils étaient teints de sang^ chacun voulait en avoir un lambeau.

Napoléon fut exposé dans sa petite chambre à coucher qu'on avait convertie en chambre ardente. Elle était tendue en drap noir que Ton avait tiré du magasin de la compagnie des Indes, à James-Town. Ce fut cette circonstance qui fit connaître la maladie et la mort de Napoléon dans Tîle.

* 11 était vert, et avait des paremens rouges.

Étonnés de voir transporter tant d'étoffes, les habitans et les employés eux-mêmes cherchaient quel pouvait être Tusage auquel on les destinait. Ils n'en voyaient aucun.

La curiosité s'accrut, et devint générale à mesure que Ton connut ce qui l'avait fait naître. Les idées les plus étranges, les bruits les plus bizarres commençaient à se propager lorsqu'un Chinois révéla le mystère. Ce ne fut qu'un cri de surprise ; chacun était étonné, confondu. '^ Comment ! le Général Bonaparte était sérieusement malade ! On nous disait qu'il se por*« tait si bien !"

Le cadavre, qui n'avait pu être embaumé, faute des substances nécessaires, et dont la blancheur était vraiment extraordinaire, fut déposé sur un des lits de campagne, sur-* monté de petits rideaux blancs qui servaient de sarcophage ! ! ! Le manteau de drap bleu que Napoléon avait porté à la bataille de Marengo servait de couverture.

Les pieds et les mains étaient libres ; l'épée au côté gauche, et un crucifix sur la poitrine. A quelque distance du corps était

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