‹ Derniers momens de Napoléon (volume 2)Chapitre 22 sur 38 · TESTAMENT DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE NAPOLÉON

Napoléon.

Cejùuràthuî; 15 Avrils 1821, à Longtvood, ile de Sainte-Hélène. Ceci est mon tes* tament, ou acte de ma dernière vohnté.

1^ Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né, il y a plus de dnquante ans.

9^. Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple Français que j*ai tant aimé.

3^. J'ai toujours eu à me louer de ma très-chère épouse, Marie-Louise; je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus gendres sentimens; je la prie de veiller

SOO DERNIERS MOMEVS

pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance.

4». Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu*il est Prince Français^ et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe. Il ne doit jamais combattre» ni nuire en aucune manière à la France ; il doit adopter ma devise : toiU pour le peuple Français.

5^. Je meurs prématurément, assassiné par Toligarchie Anglaise et son ***♦ Le peuple Anglais ne tardera pas à me venger.

6^ Les deux issues si malheureuses des invasions de la France lorsqu'elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand, et de la Fayette. Je leur pardonne ; finisse la postérité Française leur pardonner comme moi!

7^. Je remercie ma bonne et très-excetlente mère, le Cardinal, mes frères Joseph^ Lucien, Jérôme, Pauline, Caroline, Julie,

Hortense, Catarine, Eugène, de Tintérêt qu'ils m'ont conservé j je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié en 1820 ; il est plein d'assertions fausses et de pièces falsifiées.

8*. Je désavoue le Manuscrit de Ste. Hélène^ et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Sentences, etc., que l'on s'est plu à publier depuis six ans : ce ne sont pas là les règles qui ont dirigé ma vie. J'ai fait arrêter et juger le Duc d'Enghien, parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt, et à l'honneur du peuple Français, lorsque le Comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance j'agirais encore de même.

1^ Je lègue à mon fils les boîtes, ordres, et autres, objçts, tels qu'argenterie, lit de camp, armes, selles, éperons, vases de ma chapelle, livres, linge qui a ^servi à mon corps et à mon usage, conformément à l'état annexé, coté (A,) Je désire que ce faible

legs lui soit cher^ comme lui retraçant te souvenir d'un père dont l'univers l'entretiendra.

â^. Je lègue à Lady HoUand le camée antique que le Pape Fie VI. m'a donné à Tolentino.

S9. Je lègue au Comte Montholon deux millions de francs, comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu'il m'a rendus depuis six ans, et pour Imdemniser des pertes que son séjour à Sainte*Hélène lui a occasionées«

4fi. Je lègue au Comte Bertrand cinq cent mille francs.

5^. Je ]ègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs.

Les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami. Je désire qu'il épouse une veuve»

sœur, ou fille d'un officier» ou soldat de ma vieille garde.

6^. Idenh à Saint-Denis, cent mille francs.

7*. Idem^ à Novarre (Noverraz), Cent mille francs.

8^ Idem^ à Héron, cent mille francs.

9^. /iem,àArchambaud, cinquante mille francs.

10**. /iem, à Corsot, vingt-cinq mille francs.

1 1®. Idem^ à Chandellier, vingt-cinq mille francs.

19^. A l'abbé Vignali, cent mille francs.

Je désire qu'il bâtisse sa maison près de Ponte nuovo di Rostioo.

IQ^, Idem^ au Comte Las Casés^ cent mille francs.

14^ Idem^ au Comte Lavalette^ cent mille francs.

I5^é Idem, au chirurgien en chef Larrey cent mille francs. C'est Thomme le plus vertueux que j'aie connu.

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16^. Idem^ au Général Brayer^ cent mille francs.

17^. Ideniy au Général Lefèvre Desnouettes, cent mille francs.

18^. Idemy au Général Drouot, cent mille francs.

19^. Idem^ au Général Cambrone, cent mille francs.

20*. Idemy aux enfans du Général Mouton-Duvernet, cent mille francs.

21^ Idem^ aux enfans du brave Labédoyère, cent mille francs.

S2^. Idem^ aux enfans du Général Girard, tué à Ligni, cent mille francs.

S3®. Idem^ aux enfans du Général Chartrand^ cent mille francs.

S4^ Idemy aux enfans du vertueux Général Travût, cent mille francs.

â5^ Idem^ au Général Lallemant l'aîné, cent mille francs.

26®. IdeMy au Comte Real, cent mille francs.

S7^. Idemj à Costa de Bastelica en Corse, cent mille francs.

28®. Idem^ au Général Clausel, cent mille francs.

29®. Idem^ au Baron de Menneval, cent mille francs.

30®. Idem, à Amault, auteur de Marius, cent mille francs.

31®. Idem^ au Colonel Marbot, cent mille francs. Je l'engage à continuer a écrire pour la défense de la gloire des armées Françaises, et à en confondre les calomniateurs et les apostats.

32®. Idem^ au Baron Bignon, cent mille francs. Je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie Française de 1792 à 1815.

33^ Idem^ à Poggi di Talavo, cent raille francs.

34^. IdemfBM chirurgien Enimery, cent mille francs.

35^. Ces sommes seront prises sur les six millions qui j'ai placés en partant de Paris en 1815, et sur les intérêts à raison de cinq pour cent depuis Juillet 1815. Les comptes en seront arrêtés avec le banquier par les Comtes Monfholon, Bertrand^ et Marchand.

86^. Tout ce que ce placement produira au delà de la somme de cinq millicHis six cent mille francs^ dont il a été disposé ci' dessus, sera distribué en gratification aux blessés de Waterloo, et aux officiers et soldats du bataillon de Pile d'Elbe, sur un état arrêté par Montholon, Bertrand, Drouot»

Cambrone et le chirurgien Larrey.

87^ Ces legs, en cas de mort» seront payés aux veuves et enfans, et, au défaut de ceuxci, rentreront à la masse.

1®. Mon domaine privé étant ma propriété, dont aucune loi Française ne m'a privé, que je sache, le compte en sera demandé au Baron de La Bouillerie, qui en est le trésorier ; il doit se monter à plus de deux cent millions de * francs ; savoir : 1®. le portefeuille contenant les économies que j'ai, pendant quatorze ans, faites sur ma liste civile ; lesquelles se sont élevées à plus de douze millions par an, si j*ai bonne mémoire ; 2®. le produit de ce portefeuille ; S®, les meubles de mes palais, tels qu'ils étaient eu 1814 ; les palais de Rome, Florence, Turin y compris. Tous ces meubles ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile : 4^. la liquidation de mes maisons du royaume d'Italie, tels qu'argent, argenterie, bijoux, meubles, écuries ; les comptes eii seront donnés par le Prince Eugène et l'intendant de la couronne, Campagnoni.

Napoléon.

Deuxième feuille.

d08 DERNIERS MOMENS

9?. Je lègue mon domaine privée moitié aux officiers et soldats qui restent de l'armée Française^ qui ont combattu depuis 179S à 1815 pour la gloire et Tindépendance de la nation ; la répartition en sera faite au prorata des appointemeus d*activité; moitié aux villes et campagnes d* Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, de Tile de France, de Champagne, Forez, Dauphiné, qui auraient souffert par l'une ou l'autre invasion. Il sera de cette somme prélevé un million pour la ville de Brienne, et un million pour celle de Méri.

«rinstitue les Comtes Montholon, Bertrand, et Marchand, mes exécuteurs testa* mentaires.

Ce présent testament, tout écrit de ma propre main, est signé et scellé de mes armes.

Napoléon.

(Sceau.)

DB NAPOtiON. 909

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