N« III
(Voyez tome L page 257.)
Napoléon se promenait dans un champ avec M. Daru ; celui-ci le quitta : je fus appelé. Eh bien, Rapp, nous allons nous retirer sur les frontières de la Pologne, par la route de Kalouga; je prendrai de bons quartiers d'hiver : j'espère qu'Alexandre fera la paix. Vous avez attendu bien long-temps, sire ; les habitants prédisent un hiver rigoureux. — Bah ! bah ! avec vos habitants? Nous avons aujourd'hui le 19 Octobre, voyez comme il fait beau ; est-ce que vous ne reconnaissez pas mon étoile i Je ne pouvais, d'ailleurs, partir avant d'avoir mis en roule tout ce qu'il y avait de malades et de blessés ; je ne devais pas les abandonner à la fureur des Russes. — Je crois, sire, que vous eussiez mieux fait de les laisser à Moscou ; les Russes ne leur auraient pas fait de mal ; tandis qu'ils sont exposés, faute de secours, à mourir sur les grandes routes." Napoléon n'en convenait pas, mais tout ce qu'il me disait de rassurant ne le séduisait pas luimême : sa figure portait l'empreinte de l'inquiétude.
Arriva enfin un officier qu'avait dépêché le maréchal c'était mon aide*de-camp Turkhéim, qui nous apprit que Moscou était tranquille; que quielques pulks de Cosaques avaient paru dans les faubourgs, mais qu'ils n'avaient eu garde d'approcher ni du Kremlim ni des quartiers qu'occupaient encore les troupes Fran»
çaises.
Nous nous remîmes en route. Le soir nous arrivâmes à Krasno Pachra. La physionomie du pays ne souriait pas à Napoléon : l'aspect hideux, l'air sauvage de ces esclaves révoltait des yeux accoutumés à d'autres climats. '' Je voudrais ne pas y laisser un homme ; je donnerais tous les trésors de la Russie pour ne pas lui abandonner un blessé. Il faut prendre les chevaux^ les fourgons, les voitures, tout, pour les transporter. Fais-moi - venir un secrétaire. Le secrétaire vint^ c'était pour écrire à Mortier ce qu'il venait de me dire. Il n'est pas inutile de citer la dépêche : ces instructions ne sont pas indignes d'être connues ; ceux qui ont tant déclamé contre son indifférence pourront les méditer.
Au Major-GenéraL
" Faites connaître au Duc de Trévise qu'aussitôt que son opération de Moscou sera finie,
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c'e^t-a^dire le 93, à trois heures du matio, il se mettra en marche, et arrivera le 24 a Kubinkoes ; qoe, de ce point, au liea de se rendre à Mcjaisk, il ait à se diriger sar Veréia, où il arrivera le 25 : il servira ainsi d'intermédiaire entre Mojaïsk, oà est le Doc d'Abranlès, et Borowsk, où sera l'arma. 11 sera convenable qu'il envoie des offi<ciers sur Fominskoé, pour nous instruire de sa marche ; il mènera avec lui l'adjutant-commandant Bourmont» les Bavarois et les Espagnols qui sont à la maison Galitzin. Tous les Westpbaliens, de la première poste et de la deuxième, et tout ce qu'il trouvera de Westphaliens, il les réunira et les dirigera sur Mojaîsk ; s'ils lii'étaient pas en nombre suffisant, il ferait protéger leur passage par de la cavalerie. Le Duc de Trévise instruira le Duc d'Abrantès de tout ce qui sera relatif à l'évacuation de Moscou. Il est nécessaire qu'il nous écrive demain 22» non plus par la route de Dessna, mais par celle de Karapowo et Fominskoé ; le 23 il nous écrira par la route de Mojaîsk: son officier quittera la route à Kubinskoé, pour venir sur Fominskoé, le quartier-général devant être probablement le 25 à Borowsk ou à Fominskoé. Soit que le Duc de Trévise fasse son opération demain 22 à trois heures du matin, soit qu'il la fasse le 23 à la même heure, comme je lui ai fait dire depuis, il doit prendre ces mêmes dispositiop^; par ce
moyeui la Duc de Trévise pourra être considéré comme l'arrière garde de l'armée. Je ne saurais trop lui recommander de charger sur les voitures de lajeune garde^ sur celles de la cavalerie à pied^ et sur toutes celles qu'on trouvera, les hommes qui restent encore aux hôpitaux. Les Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens ; le duc en méritera autant qu'il sauvera de soldats. Il faut qu'il les fasse monter sur ses chevaux et sur ceux de tout son monde. C'est ainsi que l'Empereur a fait au siège de Saint-Jean-d'Acre. Il doit d'autant plus prendre cette mesure, qu'à peine ce convoi aura rejoint l'armée, qu'on lui donnera les chevaux et les voitures que la consommation aura rendus inutiles. L'Empereur espère qu'il aura sa satisfaction à témoigner au Duc de Trévise pour lui avoir sauvé cinq cents hommes. Il doit, comme de raison, commencer par les officiers, ensuite les sous-officiers, et préférer les Français. Il faut qu'il assemble tous les généraux et officiers sous ses ordres^ pour leur faire sentir l'importance de cette mesure^ et combien ils mériteront de l'Empereur en lui sauvant cinq cents hommes."
FIN
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c'eft-a^dire le 9S, à trois heures du matin, il se mettra eu marche, et arrivera le 24 a Kabinkoes ; qae, de ce point, au lieu de se rendre à Mogaisk, il ait à se diriger sur Veréia, où il arrivera le Çtà : il servira ainsi d'intermédiaire entre Mojaïsk, où est le Duc d'Abranlès, et Borowsk, où sera Tarm^. 11 sera convenable qu'il envoie des offi^ ciers sur Fominskoé, pour nous instruire de sa marche; il mènera avec lui l'adjutant-commandant Bourmont^ les Bavarois et les Espagnols qui sont à la maison Galitzin. Tous les Westphaliens, de la première poste et de la deuxième, et tout ce qu'il trouvera de Westphaliens, il les réunira et les dirigera sur Mojaïsk ; s'Hs n'étaient pas en nombre suffisant, il ferait protéger leur passage par de la cavalerie. Le Duc de Trévise instruira le Duc d'Abrantès de tout ce qui sera relatif à l'évacuation de Moscou. Il est nécessaire qu'il nous écrive demain 2â, non plus par la route de Dessna» mais par celle de Karapowo et Fominskoé; le 23 il nous écrira par la route de Mojaïsk: son officier quittera la route à Kubinskoé, pour venir sur Fominskoé, le quartier-général devant être probablement le 25 à Borowsk ou à Fominskoé. Soit que le Duc de Trévise fasse son opération demain 22 à trois heures du matin, soit qu'il la fasse le 23 à la même heure, comme je lui ai fait dire depuis, il doit prendre ces mêmes dispositiop^; par ce
moycDi la Duc de Trévise pourra être cotisidéré comme Parrière garde dé l'armée. Je ne saurais trop lai recommander de charger sur les voitures de lajeune garde, sur celles de la cavalerie à pied^ et sur toutes celles qu'on trouvera, les hommes qui restent encore aux hôpitaux. Les Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens ; le duc en méritera autant qu'il sauvera de soldats. Il faut qu'il les fasse monter sur ses chevaux et sur ceux de tout soh monde. C'est ainsi que l'Empereur a fait an siège de Saint-Jean-d'Acre. Il doit d'autant plus prendre cette mesure, qu'à peine ce convoi aura rejoint Tannée, qu'on lui donnera les chevaux et les voitures que la consommation aura rendus inutiles. L'Empereur espère qu'il aara sa satisfaction à témoigner au Duc de Trévise pour lui avoir sauvé cinq cents hommes. Il doit^ comme de raison, commencer par les officiers, ensuite les sons-officiers, et préférer les Français. Il faut qu'il assemble tous les gêné, raux et officiers sous ses ordres^ pour leur faire sentir l'importance de cette mesure, et combien ils mériteront de l'Empereur en lui sauvant cinq cents hommes."
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c'e9t-a*dire le 9S, à trois hçures du matin, il se mettra en marche, et arrivera le 84 a Kubinkoes ; que, de ce point, an lieu de se rendre à Mcgaisk, il ait à se diriger sur Veréia, où il arrivera le 25 : il servira ainsi d'intermédiaire entre Mojaïsk, oà est le Duc d'Abrantès, et Borowsk, où sera l'arma. II sera convenable qu'il envoie d^ offi** ciers sur Fominskoé, pour nous instruire de sa marche ; il mènera avec lui Padjutant-commandant Bourmont, les Bavarois et les Espagnols qui sont à la maison Galitzin. Tous les Westphaliens, de la première poste et de la deuxième, et tout ce qu'il trouvera de Westphaliens, il les réunira et les dirigera sur Mojaïsk ; s'ils lii'étaient pas en nombre suffisant, il ferait protéger leur passage par de la cavalerie. Le Duc de Trévise instruira le Duc d'Abrantès de tout ce qui sera relatif à l'évacuation de Moscou. Il est nécessaire qu'il nous écrive demain 2S« non plus par la route de Dessna^ mais par celle de Karapowo et Fominskoé; le £3 il nous écrira par la route de Mojaïsk: son officier quittera la route à Kubinskoé, pour venir sur Fominskoé, le quartier-général devant être probablement le 25 à Borowsk ou à Fominskoé. Soit que le Duc de Trévise fasse son opération demain 22 à trois heures du matin, soit qu'il la fasse le 23 à la même heure, comme je^ lui ai fait dire depuis, il doit prendre ces mêmes disposition?; par ce
moyeui la Duc de Trévise pourra être considéré comme Farrière garde de l'armée. Je ne saurais trop lui recommander de charger sur les voitures de lajeune garde, sur celles de la cavalerie à pied^ et sur toutes celles qu'on trouvera, les hommes qui restent encore aux hôpitaux. Les Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens ; le duc en méritera autant qu'il sauvera de soldats. Il faut qu'il les fasse monter sur ses chevaux et sur ceux de tout soh monde. C'est ainsi que l'Empereur a fait au siège de Saint- Jean-d* Acre. Il doit d'autant plus prendre cette mesure, qu'à peine ce convoi aura rejoint l'armée, qu'on lui donnera les chevaux et les voitures que la consommation aura rendus inutiles. L'Empereur espère qu'il aura sa satisfaction à témoigner au Duc de Trévise pour lui avoir sauvé cinq cents hommes. Il doit, comme de raison, commencer par les officiers, ensuite les sous-officiers, et préférer les Français. Il faut qu'il assemble tous les généraux et officiers sous ses ordres^ pour leur faire sentir l'importance de cette mesure, et combien ils mériteront de l'Empereur en lui sauvant cinq cents hommes."
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