VIU PREFACE
dens, il n'omettait rien ; il voulait, comme il me le disait lui-même, que je connusse toutes les sensations par lesquelles il avait passé, afin que je fusse plus à même d'apprécier son état. Certes ce n'est pas dans ces confidences intimes, dans ces épanchemens de malade à médecin qu'il m'eût fait mystère d'une tenta* tive dont les conséquences sont toujours si graves. Il était fufibqué, blessé dans ses affections les plus chères ; il eut un débordement de bile afireux, mais jamais il n'eut la pensée d'abréger ses jours. Ces scènes, ces apprêts que l'écrivain décrit avec tant de complaisance, peuvent être fort dramatiques, mais n'ont jamais existé que dans son imagination ! !
Jb ne cherche à blâmer personne; mais j*ai recueilli les derniers soupirs de Napoléon, j ai assisté à sa longue agonie, je dois compte à la société de ce que j'ai vu.
Je connaissais le chevalier Colonna chambellan de Madame Mère ; je savais combien il était dévoué, avec quelle noble indignation il avait renoncé au gouvernement . des Abruzzes, j'étais plein de confiance en sa droiture, je ne craignais pas qu'il me conseillât mal» Il me proposait de passer à Sainte-Hélène : mon parti fut bientôt pris.
Je r^lai quelques afiaires personnelles, je m'arrangeai pour que la publication des œuvres posthumes du célèbre Masçagni, que je dirigeais, ne fût ni interrompue ni ralentie, et me disposai à partir. Cette célérité fut remarquée, et déplut. Les honnêtes gens se