‹ Derniers momens de NapoléonChapitre 3 sur 26 · TOME I. B · texte numérisé non relu

TOME I. B

s DERNIERS MOMSNS

mirent en campagne^ je fus signalé, suspect \ j'eus toute la police sur les bras. Les marquis^ les abbés, les espions, toutes les bonnes âmes enfin avaient pris Tefiroi ; on eût dit qu'à mai sfeul j'étais capable d'endbraser ritalie entière. L'un appelait sur moi la sollicitude du ministère, l'autre me prodiguait les menaces ; les dénonciations^ les lettres anonymes n'arrêtaient pas. Mais qu'avais je à faire de cette ignoMe agitation? J'étais a|>pelé auprès de Ifhomtne du siècle ; j'allais partager son exil', jouir de sa présence ; je me. souciais peu de ces frelons toujours em^pressés autour du pouvoir;

Je trcniti^s les esprits de la poKee, et pourtant kl police répugnait à me laisser partir. J'étai» prosecteur dTanatomie à Fhdpital de Sainte-Marie-Neuve de ilorence, attaché à l'université de Pise, et comme tel astreint à résider. Je demandai un congé, on me le refusa j je donnai ma démission-, on ne faccepta pas ; je ne pouvais pas rester, cm ne voulait pas^ me laiisser partir ; je ne savais quel parti prendre. Je tentai la voie des négociations ; mais plus j'insistais, plus j'éveiîlais tes défiances. Le nom de Napoléon remplisBait tous ces suppôts d'alarmes; ils ne

1>E KAPOLBON. 3

ixyuvaient se t»&mKt. Si j'enuméraîs ks mers, les flottedi les montagnes qui rendaient lë retour de ce grand homme impossible, je cberchaîs à endortnir leur vigilance ; je n*exaitEiis te^ obstacles que parce que peut-être il les avait déjà vaincus* J'étais son agent, son complice; je «iiéritais l'animadversion publique* La frayeur de Thomme en place me fit Sourire; il s'en aperçut^ pâlit de colère, et ^isissant le cordon d'une bonnette : ^' Vous me bravez. Monsieur !*'—** Je vous écoute/' -^'*Vousf m'insultez!" — •* Je n'ai garde/* — " Un mot, un signe, songez-y !"-—** Je le Sais/'-—** Vos trames, vos menées T'-^-^ Anatomiques !'*—** Vos complices !" — ^^ Les endavres !" — ** Votés m'interrompez. Monsieur ; je ne veux pas qu'on m'interrompe. Oui, vos trames, vos menées, vos complices, rien n'a échappé à la police. Je sais tout jusqu'à vds moindres dispositions/' ^- •* D'amphitbéâtré?*' — " Non j de bal, de Vapeurs, de scène à la CampbelL Coïonna est-il encore malade ? Arrive-t41 ? De^ quelle folle avezvous Élit choix ?" Je Fexaminaas, je cherchas ce ç^û voulait dire. ** Mes questions sont obscures ; vous ne me comprenez pas ; c'est moi qui ai jeté cette vieille sotte de

iBé..... à la tête de Campbell ; je ne suis pas dupe de rétonnement que vous feignez; allez, 'VOUS êtes un.-.-— Physiologiste. — Conspirateur. D'ailleurs conspirateur et physiologiste, c'est tout un. Vous ne respirez que le retour des saturnales; vous regrettez le temps où un bourreau, encore teint du sang des victimes que son scalpel avait souillées^ endossait la toge.et prei^ait sa part. du ppuvoir. Chacun .est désormais ;à ^a pla^ej ce. temps ne renaîtra plus^^^"' Je ivous Je di^is,. Napoléon;..." -^'^f Tient. l'Burope rêti. alarmes.".-Trif Ebchaifté, gardé/à^vue?'WSi{<çiÇugille les regkets dés/pwipies.''r-/Ml c» ijgt/séparé .pfu- •de wt^eS' mèra.~Il, peut .les franchir.'*— r f *^ Bdhappèr, à lar. vîgîlan'c$ -^n^aise?" — " Il Ja. :troo)p^?ai. la surpriertdjça ; l'ew, rajr, la terre, iquèlqueéliéniept.nouvjeau viendra;îL gpp secours;;, il yeoouvrera salibefté; je. m'attends àvtout •;> maisje veillg si^ la^Toscaçe." — " QuVt-eUè à crafpc^r^j /jue-pfeiit-il lui arriver?" — "Le malheur;^ que^ rpus ^p^elez sur elle. Pensez-vous que je me fasse illusion ? que je me dissimule l'effet, que produirait le démon de la guerre s'il apparaissait de nouveau au sommet des Alpes, qu'il' appjelât ritalie aux armes, à la liberté ?" » .

On ne gagne rien à discuter, surtout avec la police. Je Tabandonnaî à ses terreurs et

m'adreésat au ' C^diiial* 'Fesoh. La • réponse

de son eïftihenceine-s^fîtîpste «attendre ; elle était iaînsi icoiiçuè* /^' ..,;' >/V .

Monsieur Antommarclji, : . : ;.»:., ;. ,

Ayant été chargé par Lord Bathurst-'de choisir un chirurgien de réputation pour Pexpédier à Sainte-Hélène au service de l'Empereur 'Napoléon, j'ai fait tomber mon choix sur VOUS/ d'après les excellens témoignages qui in'ont 'été rendus sur votre compte, *-et d'après l'assurance ' qui m'a été . donnée'^ ' de votre ardent désir de dédier tout votre zèle et vos talens au susdit' prince. En conséquence, vous remettrez la lettre ci-jointe à soi! excellence Lord Burghersh, ministre Anglais à Florence, afin qu'il vous accorde les passe-ports nécessaires pour venir à Rome, et d'ici vous rendre à Londres en passant par l'Allemagne.

• On vous remettra ici la somme nécessaire pour [faire votre voyage, laissant à l'Emperédr def fixer vos gages annuels. ;

DJSftMEM IdOMENS

Voq« trpuv^r§0 ici vos compagnons de voyage» qui se rendent à la même destination.

Agréez, Monsieur, les aentimens de mon attachement et de ma reconnaissance.

J. Cardinal Fbsch.

Je remis au ministre Anglais la lettre du Cardinal. Elle contenait la dépêche originale de Lord Bathurst, qui autorisait son éminence à faire passer quatre personnes à Sainte-Hélène. Il la parcourut^ m'offîit son appui, ses services, et m'annonça qu'il allait notifier au Grand-Duc les intentions de son gouverne^ment. Maïs cette communication n'arrêta ni les dâations, ni les injures. Je continuai à être insulté, surveillé, menacé; je m'attendais à être enlevé d'un instant à l'autre. Je savais qu'il avait été question de moi au con. seil, que les ministres s'étaient assemblés trois Ibis pour dâibérer sur cette grave afiaire.

MoQ -arrestation avait été résolue, mais le résident Anglais en fit sentir Todieux: on sursit; on en référa au cabinet 4e Vienne, qui ne trouva pas ma détermination aussi oou]mble que les Toscans Pavaient jugée. On reçut ma démission, on me délivra des passeports ; je me mis en route le 5, et airit ai ie 7 Janvier à Rome.

Je fus présenté à Madame Mèr e> au Cmrdî^ nal, à tous les membres de la âmiUe impériale qui s'y trouvaient. Je pensais ne m'arrêta ^^ le temps nécessaire poj^r pareadue leurs ordres et pcFursuivre mon voyage ; mais son émiaence était occupée de iuiUes^ d'otr* thodoxie» eËe voulait s*^ssurer que te prêtre qui m'accompagnait n'iarrait pas «dans hx fco. MaUiieur^eu^ement l'Aèbé Parigi était tm homme aimable^ qui avait du goût» de la littérature, Tus^e du monde» ^ pouvait adou* cir le poids des àeuiies de TËmpereur. Sa résolution avait mis Jjes dévots en rumeor ; il fut desservi auprès du Pape, de rafchevéqi», de tout ce qui avait de Tinâuenoe à Eome.

Le Cardinal reconnut la calcnimie ; snais, aussi susceptible que César, il repoussa ie pré- 1»:e, et lui retira ia Isuâe» B s'agissait de le remplacer. La chose n'était pas facile, il faut tant de '^pialités pour £sdre un apôtre: mais la grâce n'aband(mne jamais le juste, monseig* ]i0ijur eut une inspiration* U pensa qu'un missionnaire qui sait de théologie et ide médecine ce qui convient pour cadiéchiser, traiter Jes sauvages de la mer du Stid^ était liiomme qui convenait à Saèrte-Hélène. Sa loi était sûre. Ba orattique éclairée; il réor

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niss^t tous les avantages, et ne présentait au^ cun inconvénient, il fallait l'envoyer. Buonavita fut en conséquence nommé préfet apostolique. Revenu en Europe après vingtsix ans de séjour au Mexique, il avait été successivement aumônier de Madame Mère à Tîle d'Elbe, et chapelain de la Princesse Pauline à Rome. Il était plein de zèle ; mais impotent, goutteux, cacochyme, il ne pouvait remplir l'objet de sa mission. Une attaque d'apoplexie venait encore de lui frapper la langue, à peine s'il en conservait l'usage. Il ne balança pas néanmoins ; il était question de l'Empereur, il ne consulta pas ses forces : mais il était membre du collège de la propagande, il ne pouvait aller seul. Les missionnaires qui passent la ligne doivent au moins être deux ; on lui adjoignit un jeune Abbé, Vignali, qui avait quelque notions de médecine. La Princesse Pauline donna son cuisinier ; Madame Mère, un de ses valets de chambre, et la petite colonie se trouva formée. Restait à décider si l'on irait par terre ou par mer, à grandes ou à petites journées. L'Empereur souffrait, manquait de médecin, mais on lui dépêchait un prêtre perclus de tous ses membres: il fut arrêté qu'on marcherait à

pas de tortue, qu^on traverserait rAllemagne^ qu'on multiplierait les séjours, qu'on ne relayerait point, et qu'on attendrait que la santé du préfet apostolique fût rétablie.

Il y avait déjà un mois que j'étais à Rome, le temps courait, et nous ne partions point.

Je perdais patience ; mais monseigneur était assiégé de doutes, de scrupules, il fallut bien que je me résignasse. J'étais accablé du poids de mes heures, je foulais le sol sur lequel étaient passés les maîtres du monde ; j'essayai de le visiter: mais ici avaient péri les Gracques, là Scipion ^ plus loin Servilius j ce n'était que crimes, qu'attentats; je n'avais pas besoin des décombres qu'avait habités Flaminius pour aprécier l'aristocratie. Je m'éloignai.

Je reçus enfin le rapport du Docteur O'Méara sur la maladie dont PEmpereur était atteint. Il était conçu ainsi qu'il suit :

**Les derniers jours de Septembre ont développé des symptômes qui indiquent du désordre dans les fonctions hépatiques. Napoléon avait souvent été attaqué avant cette époque de càtharre, de maux de tête, de rhumatismes : mais ces accidens se sont aggravés ; les jambes, les pieds se sont enflés.

10 DERWERS MOMfiNS

^^Les gencives ont pris une appareaee spea* giense^ scorbutique ; enfin il s'est manifesté des signes d'indigestion.

" 1«' Octobre 1817- Douleur aiguës chaleur, sensation de pesanteur dans la région hypocondriaque droite. Ces acddens ont été accompagnés de dyspepsie et de constipation,

^' Depuis cette -époque la maladie n'a pas cessé. £Ue a fait des progrès lents, mais continuelsi. La douleur, d'aboM légère, s'est accrue au point de Haive craindre ime hépatite aigue^ Cette exacerbation du mal est Tefiet d'xm fort catfaarre.

*^ Trois dents molaires étaient attaquées* Je j^eai d'après cette circonstance qu'elles devaient en partie être cause, des a&ctions inflammatoires des muscles et des membranes de la mâchoire. Je pensai en outre qu'elles avaient produit le catharre. Je les arrachai à des intervalles convenables. L<es attaques ont été depuis moins fréquentes.

^'Je conseillai pour détruire l'apparm^ scorbutique qu'avaient prise les gencives, l'usage des légumes, des acîdes. Je réussis.

Elle disparut, reparut encore, et fut dissipée par le ïstèmi^ moyen.

<< Les purgatifs, l^s fiictîons remirent les

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jambes en bon état^ Elles furent cependant de nouveau affectées au bout de quelque temps^ mais beaucoup moins fort. Les puxgatifsy les bains chauds^ les sueurs abondantes ont sauvent atténué la douleur de la région hypocondriaque, mais ne l'ont jamais dissipée complètement. Elle s'est beaucoiiç accrua dant le 'courant d'Avril et de Mai. Elle est devenue irrégulière, a produit la constipation, puis la diarrhée, puis des évacuations abondante de matières bilieuses, muqueuses. En même temps les coliques, les flatulences^ se faisaient sentir, Tappétit avait disparu, sensations de pesanteur, inquiétude, oppression au scrobicule du cœur. Visage pâle, jaune de la tunica sclerotica. Accablement d'esprit et mal de tête. Le malade ne pouvait se tenir sur le côté gauche. Il éprouvait des sensations de chaleur dans Phypocondre droite namées, de temps à autre vomissement de bile acre et visqueuse qui s'est accrue avec la douleur* Absence presque totale de sommeil, incomimodit4 faiblesse.

"L'affection des jambes s'est reproduite, mais avec ii:^ns de force qu'elle n'en avait d'abord. Mal de tête, inquiétude, anxiété.

oppression dans la région épigastrique et précordiale ; paroxisme de fièvre à l'entrée de la nuit. Peau brûlante, soif, maux de cœur, pouls rapide. Calme,^ sueur vers le' point du lour. Cest un effet assez constant chez- le malade. Les sueurs abbndàntes lui'ôtehtlâ fièvre. Il existe' à la région hypocondriaque, droite une' tuméfaction qui est sensible à la

pression extérieure. Langue presque • constamment blanche. Le pouls, qui avant la maladie donnait 54 à 60 pulsations par minute, va jusqu'à 88. Douleur au-dessus de l'acromion. Administré pour exciter le foie et le ventre, rétablir la sécrétion de la bile, deux purgatifs. Soulagement, mais peu durable.

Dans les derniers jours de mai et les premiers de juin, les effets en étaient fkibles et momentanés. Proposé le mercure, mais lé Walàde a montré la répugnance la plus vive; il- a repoussé l'usage ' de ce médicament sous quelque formé qu^ilfût déguisé. Conseillé de monter à cheval, de faire chaque jour avec une brosse des frictions sur la région hypocondriaque, de porter de la flanelle, de prendre des bains chauds, des remèdes, quelques divertisseméhs, de suivre un régime, de ne pas s'exposer aux mauvais temps, .aux variations de

Fatmosphère. Il a. négligé les deux choses les plus . importantes^ Texercice .. et^ le diver; tissement. Enfin le 11 Juin, nous avons triomphé de sa répugnance. «Tai obtenu qu'il ferait usage du mercure» Il a en effet pris des pilules mercurielles» n* ij, gra. vj. Il a continué ce traitement jusqu'au 1 6. Je lui en donnai soir et matin, et de temps à autre quelques purgatifs pour dissiper la constipation; Au bout.de six jours je .changeai la prescription et substituai au mercure le calo- Tqfi\2^%(s^hmur^as hydrargjyri) ^rpsàs il produisit des maux de cœur, des vomissemens, des coliques^ une inquiétude générale; je. cessai de remployer. Je Tadministrai de nouveau le 19 ; il causa les mêmes désordres. Je re^s à la première préparation mercurielle que ijle^l^ixyai) trois, fois par jour. J'interrompis ce traiteoi^ent; le :27./ \ l4es,rap|)tai!t^ens sont extrêmement hjanûdjes.t l^^^iiQÎépn ayait contracté un;viQl]ept)èJE)ithairi!€(.i ,. Jd^apsibmÉ^^I^KsKsse

gus^u'àùîQsaïiais n'en ojiM^iôs ladiciif^ heureux eflGet. . * I;es'gl£ind<e3 -salivàires , étaient toujours dans le même 'état. ; L'iniïQQànie, Tirritation croissaient ; les vertiges devenaient fréquens.

Drax SUS d'Inacfîoi^ un climat meurtrier, des appartemens mal aérés, bas; un traitement inoliï, Tisolement, Tabandon, tout ce qui froisse Tâme agissait de concert. Est-îl surprenant que le désordre se soit mis dans les foncticms hépatiques? Si quelque chose étonne, c'est que les progrés • du mal n'aient pas été plus rapides. Cet effet n*est dû qu'à la force d*âme du malade et à la bonté d'une constitution quî tt*af ait point été affaiblie par la débauche."

iXgné^ Barat £. O'Meara,

Chirurgien, etc.

Le Càrdiftd, Madame Mèri^ vooluvent que cse rappof t fuit somsns su« gens de ïûrtt ils réuamsefit ceux^ qui étâiant routés les plus habiles. Xâissistaiâ^ à la conférence avec un àeS' détis missionnaires^ mais su» prendre patt à lâi consultation : elle me fut remise quelques joitrs après f c'était la^ loi, les prophètes ; je ne de^aic^ pas m'en écarter. Yigmfi en eut aussi uite copie. Je dierduôs pourquoi, je l'appris à Sainte-Héiène. An reste, ta pièce était ainsi conçue :

'^Notts somsfgnés, réunisr pour consulter sur la santé de sa majesté TEmpereur Napoléon, après avoir examiné avec soin un rap* port du Docteur CVMeara qui a soigné le malade JQsqu*au 25 Juillet 1818, nous sommes accordés dans les idées suivantes :

•* !•. La maladie de l'auguste patient consiste dans une obstruction de foie et une discra^ie scorbutique.

^ 2*. Les moyens de s'opposer à la première maladie, sont une diète tempérée par des végétaux frais, des fruits subacides, des substances animales faciles à digérer, et propres à fournir un cbyîe adoucissant. L'exercice en plein air, à pied, â cheval, en voiture ; une habitation qui soit aérée, exposée aux vents les phis secs et les plus salubres, et enfin fasage de remèdes qui adoucissent et n'excitent pas le système, sont autant de moyens qu'on emptoîra avec sucdès. L'extrait de cicuta, l'acétate de potasse, et un peu d'eaw minérale salée du genre de ceîle de Tettuccro en Toscane, méritent cependant la préférence.

** 9^. Si Pusage de ces médîcamens ne relâchait pas le malade, otl pourrait y joindre, deux an trois fois la semaine, une petite dose de pilules composées de savon, de rhubarbe.

de sulfate de soude ou de potasse, et pétries avec de Textrait de tarassaco, que le malade prendrait avant le souper.

**4P. Pour détruire la discrasie scorbutique» il faut, outre les trois premiers moyens indi* qués dans le numéro précédent, employer les sucs dépurés des plantes anti scorbutiques, de Isijumaria (fumeterre), du beccabunga (veronica beccabunga), du nasturzio aquatico (nasturzium aquaticum), et du cochléaria surtout. On peut, ,pour rendre aux gencives la consistance, et la vigueur qu'elles doivent naturellement avoir, faire usage d*un opiat dentifrice composé de substances anti-scorbutiques pulvérisées, et pétries avec une conserve de rose ;

" 5®. Le vice hépatique disparaissant avec ses conséquences^ le défaut d'appétit et les vents surtout, on pourrait employer le petitlait de jument ou d'ânesse, mêlé à quelques sucs de plantes amères non aromatiques, parmi lesquelles on doit choisir de préférence les diverses espèces de chicorée ;

^^ 6\ Enfin, dans la saison la plus chaude, on peut, si le vice scorbutique ne s'y oppose pas, et que la continuation ou l'augmentation de Pobstruction du foie l'exige, appliquer, mais, avec prudence, des bains froids ou au

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moins peu chauds, ainsi que les douches sur Phjrpocondre droit.

** Ces conseils doivent être subordonnés aux circonstances particulières oii se trouve Tauguste malade, et à son état au moment où le médecin choisi le visitera.

Paul-Baptiste Mucchislli» médecin

de son altesse.

Jban-Baptiste Bomba> ^ Pierre Lupi, / Professeurs à

Dominique Morichini, f TUniversîté.

Joseph Sisco, )

Rome, 1er Février, 1819»

Ces consultations^ ces soins, ces soucis, consumaient le temps. Nous touchions à la fin de Février, et il n'était pas encore ques^ tion de départ. «Tavais beau prier, importu* ner, son éminence avait toujours quelque cas à prévoir» quelques mesures à prendre; je perdais ma peine à solliciter. A force de constance cependant, je parvins à lui arracher Tordre que je demandais ; il céda, mais en patriarche. Nous fûmes encore obligés de perdre deux jours pour accepter un dîner, qui du reste fut magnifique. Madame Mère, Pauline, Louis, y assistaient : tout le monde était gai; chacun nous souhaita un heureux voyage.

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