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me fallait des actions d'éclat pour me coacilier Tafifectioii et là eonfianoe du s(4dat; je les fis. Nous marchâmes ; tout s'édipsa à notre approche. Mon nom était aussi cher aux peuples qu'aux soldats.: ce concert d'hommage me* toucha; je devins insensible à tout ce qui n'était paa la gloire» L'^r re-> tentissait d'accfematiom sur mon passage j tout était à ma disposition^ tout était à mes piedfi ; mais je ne voyais que mes braves, la France et la postérité ! Les belles Italiennes eurent beau déployer leurs grâces ; je fus iiisensible à leurs séductions : elles s*ea dé* dommageaient avec ma suite. Une d'elles^ h Comtesse C. . • . , laissa à Louis^ lorsque nous passâmes à Brescia» un gage de ses &veurs dont il se rappellera long-temps."
7 A. M. L'Emperexu- est étendu dans son lit ; il veille, il sommeille, sort, se promène une heure eh calèche, rentre assez fatigué, et s'endort sur son sopha.
A 7 heures p. m. — ^Évacuation bilieuse accompagnée de légères coliques. Napoléon n'a presque rien pris datis la joprnée. ^ Le pouls faible et nerveux.
BB NAPOLicON. S87
S7 Janvier.
9 heures a. m — La nuit a été excessivement mauvaise. L'Empereur est dans un état de faiblesse extrême, son pouls est petit, légèrement nerveux. — Toux sèche, — Physionomie sombre.— 'Je hasarde une prescription, Napoléon s*impatiente, et témoigne la plus vive aversion pour toute espèce de remèdes.
7 heures p. m. — ^L'Empereur est au lit^ il dtne à six heures, mais il rend presque aussitôt ce qu'il a pris*
28 Janvier.
S heures p. m . — Prostration de forces extrême î yeux livides, presque éteints. — ^Toux sèche et nerveuse — Bouche aride. — Soif incommode. — Sentiment pénible dans l'estomac.
9Q Janvier.
10 heures a, m. — Même état. — Profonde tristesse.
30 Janvier.
2 heures a. m, — UEmpéreur était dans une situation déplorable; mais la maladie ne faisait qu'exalter Taversion qu'il avait pour les médicamens. «Pavais beau combattre, chercher à vaincre sa répugnance, il repoussait, promettait, éludait ; je me trouvais n'avoir rien fait au moment oh je croyais avoir tout obtenu. J'étais accablé du spectacle de ce grand homme qui se consumait sous mes yeux j la douleur de voir le remède et de ne pouvoir l'appliquer, l'amour, les regrets, tous les sentimens se disputaient mon âme ; mes forces étaient à bout. Napoléon s'en , aperçut. " Vous n'êtes pas bien, me dit-il^ vous périssez, vous succombez au mal. Devez-vous aussi être victime de cet aiïreux climat? Allons, du courage, je vais faire venir un médecin d'Europe, il vous aidera." J'étais si satisfait de cette résolution que je ne me donnai pas le loisir de peser ma réponse. *' Ah ! Sire, lui rèpliquai-je avec émotion, hâtez-vous, pendant qu'il en est temps encore. -— Qu'il en est temps! que
voulez-vous dire ? Est-ce voua ? est-ce moi ? Tun de nous doit-il mourir avant qu'il arrive? Si c'est moi, eh bien! à la bonne heure ; mais dans aucun cas je ne veux ni consulter ni voir les médecins Anglais qui sont dans l'île. J'aime mieux souffrir que de les voir autour de moi. D'ailleurs à quoi seraient-ils bons ? J'ai mis ma confiance en vous ; vous vous intéressez à moi ; je juge de votre attachement par votre zèle; je vous suis reconnoissant des soins que vous me prodiguez. Mais, cher Docteur, si mon heure est sonnée, s'il est écrit là haut que je dois périr ; ni vous ni tous les médecins du monde ne changerez l'arrêt" Il avait les yeux fixé au ciel, le son de sa voix était * élevé, sonore, je ne fus pas maître de mon émotion. Je me retirai, j'avais un fièvre ardente, je restai quelques jours sans pouvoir lui donner mes soins. Enfin il désira me voir; je fis un effort, j'allai je le trouvai dans son lit, qui se plaignait d'une douleur insupportable qu'il éprouvait dans l'hypocondre gauche ; elle s'étendait d'un côté à l'épaule correspondante, et de l'autre à la région lombaire. Il avait de la difficulté à respirer, et une forte distension au bas ventre. — Fomentations. —
Lavement.^— Potion anodine, suivie de rots fréquens et insipides.
11 Février.
9 heures a m. — L*£mpereur a bien passé la nuit ; à six heures du matin il a pris une soupe au riz. Les accidens de la veille se renouvellent, et se dissipent par l'effet des mêmes moyens.
5 heures p. m. — ^Je prescris une mixture
amère.
12 Février.
7 heures p. m. — L'Empereur se trouve un peu mieux ce matin. Cependant il rend à dix heures le peu d'alimens qu'il a pris. Il ne veut plus entendre parler de mixture amère.
13 Février.
8 heures a. m. — L'Empereur prend un peu de crème et de gélatine. Le vomissement a cessé. — Humeur sombre.
14 Février.
10 heures a. m. •> L'Empereur se trouve mieux qu'hier, il a mangé avec appétit, Thu»
meur sombre s'est dissipée.
t>E NAi^OLÉON. 391
15 Février.
9 heures a. m. — L'Eûipereur continue à être mieux. "Étiez- vous à Milan, Docteur, lors-
que j'allai prendre la couronne de fer? — Noti, Sire. — Et lorsque je fus à Venise ?
-** Je n'y étais pas non plus ; mais votre majesté venait de planter nos aigles sur la Vistule ; ritalie était ivre de gloire, toute la population se pressait sur ses pas. — »I1 est vrai que je fus vivement accueilli, Burtout dans les lagunes. — ^Je le sais.-^Venise avait mis en mer toutçs ses gondoles, c'étaient des franges, des plumes, des étoffes ; tout ce qu'il y avait de beau, d'élégant était accouru à Fusine. Jâ:mais l'Adriatique n'avait vu de cortège si pompeux. — Cette explosion de sentimens n'était pas étrange j d'une main vous refouliez les Sarmates loin d'une terre qu'ils avaient souillée i de l'autre, vous semiez les monumens, les routes, les constructions^ tous les établissemens utiles. Eh puis, votre administration était si ferme, si rapide !■— Vous avez raison : c'était une machine immense dont tous les rouages étaient parfaitement adaptés. J'en exposai le jeu et la raison au corps législatif. Je fis effet : l'Italie goûta
les principes que je développai*'* J'étais curieux de connaître les principes dont parlait TEmpereur ; je cherchai, je trouvai son discours, et je lus :
*^ Messieurs du corps législatif» je me suis fait rendre un compte détaillé de toutes les parties de Tadministration. J*ai introduit dans ses diverses branches la même simplicité qu'avec le secours de la consulte et de la censure, j'ai portée dans la révision des constitutions de Lyon. Ce qui est bon, ce qui est beau est toujours le résultat d'un système simple et uniforme. J'ai supprimé la double organisation des administrations départementales et des administrations de préfecture, parce que j'ai pensé qu'en faisant reposer uniquement l'administration sur les préfets, on obtiendrait non-seulement une économie d'un million dans lès dépenses, mais encore une plus grande rapidité dans la marche des affaires. Si j'ai placé auprès des préfets un conseil pour; le contentieux, c est afin de me conformer à ce principe qui veut que l'administration soit le fait d'un seul, et que la décision des objets litigieux soit le fait de plusieurs.
" Les statuts dont vous venez d'entendre la
D£ NAPOLEON. SQS
lecture étendent à mes peuples dltalie le bienfait du Code, à la rédaction duquel j*ai moi-même présidé. J'ai ordonné à mon conseil de préparer une organisation de Tordre judiciaire qui rende aux tribunaux l'éclat et la considération qu'il est dans mon intention de leur donner. Je ne pouvais approuver qu'un préteur seul fût appelé à prononcer sur la fortune des citoyens, et que des juges ca« chés aux regards du public décidassent en secret, non^seulement de leurs intérêts^ mais encore de leur vie. Dans l'organisation qui vous sera présentée, mon conseil s'étudiera à faire jouir mes peuples de tous les avantages qui résultent des tribunaux collectifs^ d'une procédure publique et d'une défense contradictoire. C'est pour leur assurer une justice plus évidemment éclairée que j'ai établi que les juges qui prononceront le jugement, soient aussi ceux qui auront présidé aux débats. Je n'ai pas crû que les circonstances dans les« quelles se trouve l'Italie me permissent de penser à l'établissement des jurés. Mais les juges doivent prononcer^ comme les jurés, d'après leur propre conviction, et sans se livrer à ce système de semi-preuves qui compromet bien plus souvent l'innocence qu'il
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ne sert à découvrir le crime. La règle la plus sûre d^in juge qui a présidé aux débats, c'est la Conviction de sa conscience.
^' JTai veillé moi-même à rétablissement des formes r^ulières et conservatrices dans les finances de Tétat, et Vespère que mes peuples se trouveront bien de l'curdre que j'ai ordonné à mes ministres des finances et du trésor pulv* lie de mettre dans les comptes qui seront publiés. J'ai consenti que la dette publique pOTtât le nom de Mont- Napoléon^ afin de donner une garantie de plus aux engagemens qui la constituent, et une nouvelle vigueur au crédit
'^ L'instruction publique cessera d'être départementale ; j'ai fixé des bases pour lui donner Tensemble, l'uniformité et la direction qui doivent avoir tant d'influence sur les mœurs et les habitudes de la génération naissante»
^* J'ai jugé qu'il convenait, dès cette année, de mettre plus d'égalité dans la r^aatition des dépenses départementales, et de venir au secours de ceux de mes dé{>artemens, tels que le Minoio et le Bas-Pô» qui se trouvent accablés par la nécessité de se défendre contre le ravage des eaux«
DE NAPOLéON. 399
** Les finances sont dans l'état le plus prospère, et tous les paiemens sont au courant.
Mon peuple d'Italie est, de tous les peuples^ le moins chargé d'impositions. Il ne supportera pas de nouvelles charges, et s'il est fait des cfaangemens à quelque contribution^ si Tenrqgistrement est établi dans le projet du budget d'après un tarif modéré^ c'est afin de pouvoir diminuer des impositions plus onéreuses. Le cadastre est rempli d'imperfecdons qui se manifestent tous les jours. Je vaincrai, pour y porter remède, les obstacles qu'oppose à de telles opérations beaucoup moins la nature des choses que l'intérêt par^ ticulier. Je n'espère cependant pas arriver à des résultats tels qu'ils fassent éviter l'incoa*^ veulent d'élever une imposition jusqu'au terme qu'elle doit atteindre.
^^J'ai pris des mesures pour donner au clergé une dotation convenable, dont il était en partie dépourvu depuis dix ans, et si j'ai fait quelques réunions de couvons, mon iut tention est de protéger ceux qui se vouent à des services d'utilité publique^ ou qui, placés dans les campagnes, se trouvent dant des lieux ou dans des circons^ces où ils sup* pléent au clergé régulier. J'^l en même temps
pourvu à ce que les évêques eussent les moyens d*ètre utiles aux pauvres ; et je n'attends, pour m'occuper du sort des curés, que les renseignemens que j*ai ordonné de recueillir promptement sur leur situation véritable. Je sais que beaucoup d'entre eux, surtout dans les montagnes, sont dans une pénurie que yai le plus pressant désir de faire cesser.
'indépendamment de la route du Simpion, qui sera achevée cette année, et à laquelle quatre mille ouvriers, dans la seule partie qui traverse le royaume d'Italie, travaillent en ce moment, j'ai ordonné de corn, mencer le port de Velano, et que des travaux si importans soient entrepris sans retard et poursuivis avec activité.
"Je n'ai négligé aucun des objets sur lesquels mon expérience en administration pouvait être utile à mes peuples. Avant de repasser les monts, je parcourrai une partie des départemçns pour connaître de plus près leurs besoins.
** Je laisserai dépositaire de mon autorité ce jeune prince que j ai élevé dès son enfance et qui sera animé de mon esprit. J'ai d'ailleurs
pris des mesures pour diriger moi-même les affaires les plus importantes de Fétat.
** Des orateurs de mon conseil vous présenteront un projet de loi pour accorder à mon chancelier garde des sceaux Meizi, pendant quatre ans dépositaire de mon autorité comme vice-président, un domaine qui, restant dans la famille, atteste à ses descendans la satisfaction que j*ai eue de ses services.
^^ Je crois avoir donné de nouvelles preuves de ma constante résolution de remplir envers mes peuples d'Italie tout ce qu ils at-» tendent de moi. J'espère qu'à leur tour ils voudront occuper la place que je leur désigne dans ma pensée, et ils n'y parviendront qu'en se persuadant bien que la force des armes est le principal soutien des états.
'^ Il est temps enfin que cette jeunesse, qui vit dans l'oisiveté des grandes villes, cesse de craindre les fatigues, les dangers de la guerre, et qu'elle se mette en état de faire respecter la patrie, si elle veut que la patrie soit respectable.
" Messieurs du corps législatif, rivalisez de zèle avec mon conseil d'état, et, par ce concours de volontés vers l'unique but de la
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prospérité publique^ donnez à mon représent' ant Tappiri qu*il doit recevoir de vous.
^ Le gouvemen^ent Britannique ayant accueilli, par une réponse évasive les propositions que je lui ai faites, et le Roi d'Angleterre les ayant aussitôt rendues publiques, en insultant à mes peuples dans son parlement, j ai vu s'a&iblir considérablement les espérances que j'avais conçues du rétablissement de la paix. Cependant les escadres françaises ont depuis obtenu des succès auxquels je n'attache de l'importance que parce qu'ils doivent cou*vaiiurre mes ennemis de l'inutilité d'une guerre qui ne leur donne rien à gagner et tout à perdre. Les divisions de la flottille^ les fré* gâtes, construites aux frais des finances de mon royaume d'Italie^ et qui font aujourd'hui partie des armées françaises, ont rendu d*utiles services dans plusieurs circonstances* Je conserve l'espoir que la paix du continent ne sera pas> troublée, et toutefois je me trouve en position de ne redouter aucune de% chances de là guerre. Je serai au milieu de vous au moment même où ma présence deviendra nécessaire au salut de mon royaume d'Italie."
D£ NAPOLB^N. 399
19 Février.
10 heures a. m. — Depuis le 15, l'Empereur a successiyement perdu et repris ses forces à divers degrés* Aujourd'hui, il souffire de fla^ tuosîtés qui se sont développées dans le tube intestinal, et plus particulièrement dans Testomac. Il ne peut manger de viande ; il ne prend que des substances laiteuses et ùxu neuses.
20 Février.
12 heures.— 'Pilule tonique.,— Malaise.-^ Irritation nerveuse. ~ Toux très-sèii^e et fatigaQte>
Napolécm est exténué. ^ C'est donc bien* tdt? — ^Noa, sire, Tirritation se calm^,— Toujours., docteur ! quand vous lasserez votis de promettra la santé, ?-^Quand die sera veniAe^ — En ce cas, voua promettrez long-temps.—^ Moins que votre majesté ne pense ; et, pour peu qu'elle puisse faire usage d'eaux ther* maies. . •— »-Vous croyes: qu'ils l'accordent ?— Refuser, les mettrait trop à découvert ; ce serait avouer l'assassinat. — Pauvre capocor'-
sino ! vous ne les connaissez pas, — Mais eniîn^ quand votre santé Texige, que le médecin le conseille, il y aurait trop de barbarie à vous Tinterdire. — Sans doute/* Il suivait des yeux un nuage qui se dessinait au loin. ^^ Quel effet les nuages font-ils sur nous ? quelle influence exercent-ils sur celui qui les respire? Us doivent amener à chaque instant une rupture d'équilibre, déterminer une contraction musculaire, une tension qui ne peut qu'être funeste, et conduire à la mort ; car enfin nous sommes soumis aux lois qui régissent les autres corps; nous enfermons du fluide; no\t$ le sentons, nous réprouvons à ces irritations nerveuses qui marquent les temps d*orage. Placer un homme dans les nues, le faire vivre dans la sphère d'activité de ces masses qui changent, passent, reviennent à chaque instant, c'est le condamner à une série de chocs, de décompositions, qui doivent promptement épuiser la vie, c'est le soumettre à Pénergie dévorante de l'armure de Galvani : dis-je vrai ? — ^JTen convins. — C'est que je suis à moitié de votre robe.^ Je sais presque, à ne m'y pas méprendre, ce qui doit résulter de telle ou telle situation. Un homme, par exemple, que Ton placerait dans un bain de va-
peur, auquel succéderait tout à coup une chaleur excessive, éprouverait une désorganisation analogue à celle d'un corps humide qu'on expose subitement à l'action du feu.
Il se déjetterait, se tourmenterait, épuiserait bientôt sa puissance et sa force : ne le pensezvous pas ? ** Je commençais à entrevoir où il en voulait venir; je n'eus garde, quelque fondée qu'elle fût, de me prêter à une conclusion qui favorisait son aversion pour les remèdes, et banissait tout espoir de retour. Je lui dis qu'il n'en était ainsi que pour un climat tout-à-fait mauvais, où la température passe subitement du froid au chaud, où les vents m'arrêtent pas, où la pluie est continuelle, abondante Il ne me laissa pas
achever. ^^Vous êtes toujours à l'eau de roses. Docteur. Prenez le cahier que vous apercevez près du secrétaire ; il vous mettra sur la voie du climat que vous cherchez; nous sommes au SO Février : combien avons, nous eu de jours supportables? — Ah, Sire!
cette année ! — Eh bien ! la première venue ; au hasard, I8I7, par exemple: allons, j'écoute. — ^Un, deux ... — Non, lisez le tableau d'un bout à l'autre ; j'aime à voir quel climat j'ai supporté.'* Je lus.