OBSESSION
Ma mère à cinquante-six ans sur son lit de morte jonché de défaites rieurs et que veille, sans surtout de bruit dans la chambre en oratoire, son fils unique de plus de trente ans, ces derniers jours de janvier. Dépérie de maladie, elle avait exhalé doucement son âme. Une double dissemblance se marquait s'accentuant sur la physionomie. Le coté droit du visage prenait une sévérité, je ne sais quoi de pénible, en une reviviscence de la figure — forme et expression — de mon
grand-père maternel. Le côté gauche au contraire avait une inclinaison reposée, comme prête à gentiment sourire, faisant rêver par le fils les premières années de la vierge. Et ainsi sur la face désormais close avait mystérieusement réapparu à la fois un retour aux origines et une candeur d'enfance. A peine une trace violacée au bas de la joue gauche, pour signifier Factuelle présence funèbre. Et la morte, en son apparence de cire surtout aux mains, s'enveloppait froidement d'une odeur brune piquée.
Que ce sourire qui ne bougeait plus, dans le côté gauche de la physionomie, me trouble encore! Ne semblait-il pas charmé occultement et dire que maintenant elle savait bien, elle, mais qu'aux vivants ne se divulgue pas le secret sur l'être ?
Des lilas blancs pâles — j'en donnais à ma mère certains jours — ont un parfum comme de souvenir pur.
Et Jacques se rappelle, de son second voyage de montagnes avant la quinzième année, l'après-
ns
midi d'été avec son grand-père et sa mère dans les ruines du château de Habsbourg, sur une hauteur où, dans les fentes des vieilles murailles versant leur ombre sur l'herbe, des harpes éoliennes laissaient une résonance craintive de sylphe.
c i c h c v é cl ' i inp r i m c r Le vingt septembre mil huit cent quatre-vingt-huit