CHAPITRE II
L’étude attentive des conditions pathogéniques habituelles de la prostatite, démontre un premier fait sur lequel il importe d’insister avant toute autre considération ; je veux parler des relations intimes qui unissent l’inflammation de la prostate à celle de l’urèthre.
J.-L. Petit, étudiant les « rétentions d’urine causées par la prostate gonflée et enflammée », dit à propos de « ceux qu’il a vus atteints de cette espèce de rétention: Presque tous ont été attaqués de chaudepisses et très peu en avaient été méthodiquement traités (1). » Cette loi générale, formulée par J.-L. Petit, domine l'histoire étiologique des abcès de la prostate. L’uréthrite en est la cause prédisposante dans presque tous les cas, et c’est elle qui, bien souvent, suffit à les produire sans l’intervention d’aucune autre influence. Sur un relevé do 98 Obs. [voir p. 228), j’en ai trouvé tout au plus o dans lesquelles il soit possible d’affirmer l’absence de tout écoulement uréthral préexistant.
Mais, à côté de ce fait, il est beaucoup d’autres circon-
(1) J.-L. Petit, Œuvres posthumes de chirurgie, mises au jour par M. Lesne, maître en chirurgie, t. III, p. 26. Paris, 1774.
ÉTIOLOGIE.
stances dont il faut tenir compte, et ce n’est pas simplement pour obéir à des idées purement « systématiques », ainsique Thompson (1) semble le penser, que des auteurs, comme Velpeau, ont assigné des causes multiples aux abcès de la prostate. Leur étiologie est en réalité fort complexe.
Voulant donner à ce chapitre les développements étendus qu’il comporte, et redoutant la monotonie d’une énumération pure et simple, j’ai pensé qu’il y avait avantage à rechercher, par l’analyse des faits, les éléments d’une classification générale qui permît de grouper mé-' thodiquement les causes de la prostatite. Prenant surtout en considération la nature intime du mode d’action de ces différentes causes et le caractère direct ou indirect de leur influence, j’ai admis deux groupes de prostatites : des prostatites par causes indirectes et des prostatites par causes directes. Les premières, très rares, correspondent aux prostatites à frigore et aux prostatites métastatiques ; les dernières, beaucoup plus fréquentes, comprennent les prostatites par propagation et toutes celles qui se développent sous l’influence d’un traumatisme, d’un excès de congestion ou d’une irritation directe. Je donne ici celte classification, sous forme de tableau, me réservant d’insister ensuite, sur l’étude des faits particuliers.
(1) H. Thompson, Traité pratique des maladies des voies urinaires , trad. par E. Martin, E. Labarraque et V. Campenon. Paris, 1874, p. 334.
CAUSES PRÉDISPOSANTES.
( I. — Prostatites à frigore