‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 16 sur 74 · PROSTATITES PAR IRRITATION DIRECTE · texte numérisé non relu

PROSTATITES PAR IRRITATION DIRECTE

Il existe dans la science des exemples parfaitement authentiques de l'influence que ces causes peuvent avoir sur l'évolution des abcès de la prostate. Parmi ces causes, il en est quelques-unes sur la valeur desquelles les auteurs ne sont pas tous du même avis. Tels sont l’absorption des cantharides, les excès de boissons alcooliques et l’usage intempestif de la médication balsamique.

Thompson n’hésite pas à ranger le copaliu et le cubèbe parmi les « circonstances décrites comme causes par un certain nombre d’auteurs, mais au sujet desquelles il n’y a que peu ou point de preuve qu’il en soit ainsi (!) ». Velpeau, au contraire affirme que l’usage intempestif de ces deux médicaments provoque parfois des proslatites excessivement aiguës. Il est difficile de se prononcer résolument en faveur de l’une ou Pautre de ces deux opinions, car les observations démonstratives font défaut, M. Fournier lui-même ne décide pas, et, ce qu’il faut seulement retenir, c’est que « l’usage prématuré de la médication dite suppressive (2), » envisagé d’une manière générale, est une cause active de prostatite.

J’observerai , à ce propos , qu’il est probablement inexact d’attribuer une influence nocive à la simple causticité des injections. Les injections caustiques localisées, faites suivant la méthode de M. Guyon, et les résultats qu’elles donnent constamment, sont là pour le prouver. M. Guyon a dû recourir à ce mode de traitement sur un nombre considérable de malades et n’a jamais observé la moindre complication inflammatoire consécutive, même

(1) Thompson, Traité pratique des maladies des voies urinaires , trad. française. Paris, 1874, p. 333.

(2) Fournier, toc. cit., p. 200.

ETIOLOGIE.

en faisant usage de solutions très concentrées. La nocuité des injections uréthrales reconnaît donc surtout deux causes principales : le traumatisme et l'inoculation à distance.

Quant aux excès alcooliques et à l’absorption des cantharides, Thompson les considère comme des « circonstances qu’on ne peut établir d’une façon absolue comme causes, mais que l’on peut, avec une certaine dose de probabilité, considérer comme telles » . Les réserves du chirurgien anglais ne me paraissent pas légitimes. J.-L. Petit, l’un des premiers, signale l'influence des excès de boisson et rapporte l’histoire d’un homme de 40 ans qui fut pris de rétention d’urine à la suite d’un excès de vin ; quelques jours après, un abcès s’ouvrait dans l’urèthre, à la suite d’un effort de vomissement. Des observations nombreuses sont venues depuis, qui démontrent nettement l’influence des excès alcooliques sur la production des abcès prostatiques, et M. Fournier, par exemple, cite en première ligne les excitations sexuelles et les excès alcooliques parmi les causes susceptibles de réveiller une inflammation uréthrale et de provoquer une phlegmasie prostatique.

La seule réserve que l’on puisse faire, c’est de signaler encore une fois l’état subinflammatoire du canal ou de la prostate comme un intermédiaire obligé entre reflet et la cause. Mais c’est là, nous le savons, une considération applicable à l’immense majorité des causes de la prostatite.

En ce qui regarde la prostatite cantharidiennc, des réserves beaucoup plus sérieuses doivent être faites.

L’action spéciale des cantharides sur les organes génito-

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