‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 17 sur 74 · PROSTATITES PAR IRRITATION DIRECTE · texte numérisé non relu

PROSTATITES PAR IRRITATION DIRECTE

urinaires est bien connue, et cela depuis fort longtemps. Tout le monde se rappelle, en effet, cette observation rapportée par Ambroise Paré, à propos de l’étude qu’il fait des « signes ou acculons d’avoir pris des cantharides par dedans » :

« Un Abbé do moyen aage , estant en cesto ville pour soliciter un procès, solicita pareillement une femme honnestc de son mestier, pour deviser une nuict avec elle, si bien que, marché fait, il arriva en sa maison. Elle recueillit Monsieur l’Abbé aimablement, et, le voulant gratifier, luy donna pour sa collation quelque confiture, en laquelle y enlroit des cantharides, pour mieux l’inciter au déduit vénérique. Or, quelque tems après, à sçavoir le lendemain, les accidens que j’ay par cy-devant déclarez advindrent à Monsieur l’Abbé, et encores plus grands, parce qu’il pissoit et iettoitle sang tout pur par le siégé et par la verge. Les Médecins estans appeliez , voyans l'Abbé avoir tels accidens, avec érection de verge, cogneurent à le voir qu'il avoit pris des cantharides. Us luy ordonnèrent des vomitoires et clystères, faits d’orge

mondé .

Pareillement luy donna à boire du laict et on

luy en fit aussi des iniections en la verge et aux intestins.

Mais, pour tous ces remedes faicts selon l’art,

Monsieur l’Abbé ne délaissa à mourir avec gangrène do la verge. Et partant ie conseille à telles Dames ne prendre de telles confitures, et moins encore en donner à homme vivant, pour les accidens qui en advicnncnt (1). »

(1) Amb. Paré, le vingt-uniesme livre , chap. xxxv, p. 586 de la 9° édit; Lyon, 1633*

ÉTIOLOGIE.

Mais, si l’existence de la cystite cantharidicnnc ne peut être mise en doute, il est en revanche tout à fait exceptionnel de voir l’inflammation se propager à la prostate dans ce cas particulier, et, pour ma part, je ne connais qu’une seule observation d’abcès de la prostate consécutif à une cystite cantharidienne. il faut même reconnaître quo, chez le malade auquel je fais allusion [voir obs. XIX), on ne peut s’empêcher d’émettre quelques doutes sur l’interprétation des accidents et sur leur filiation. En tous cas, je pense qu’on aura tout avantage, en présence de symptômes inflammatoires développés du côté de la prostate, à se remettre en mémoire les malheurs de « l’Abbé de moyen aage » et à repousser toute méthode thérapeutique dans laquelle les cantharides tiendraient une place quelconque.

Il me reste à envisager une deuxième série de causes, constituée par toutes les circonstances susceptibles de déterminer un excès do congestion du côté de la région prostatique, telles que les excitations sexuelles : coït, masturbation, pollution nocturne. Les fatigues de toutes sortes, la marche exagérée, la superpurgation , la constipation excessive , les habitudes sédentaires, l’hypertrophie prostatique, l’état variqueux des veines du rectum, appartiennent à ce dernier groupe étiologique.

Le fait de s’asseoir devant un feu ardent, les jambes écartées , constitue une circonstance de même ordre, et Verdier (1) avait remarqué que certains hommes, ayant contracté une ou plusieurs chaudepisses, ne pouvaient

(1) Verdier. Le VigRn, 1837.

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