‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 40 sur 74 · CAVERNES. - FISTULES · texte numérisé non relu

CAVERNES. - FISTULES

nier cas. Mais la division tranchée que certains auteurs ont admise à propos des abcès intra-prostatiques est certainement trop schématique et l’exploration directe peut, seule, guider sûrement le diagnostic.

Lorsque toute la glande est détruite, la caverne prostatique se laisse facilement reconnaître par les sensations qu’elle donne au doigt, par l’ensemble des symptômes que nous avons décrits , et par les données que fournissent les instruments explorateurs introduits dans le canal. Quand la pocho est pleine de pus, la fluctuation est manifeste. Ailleurs la prostate est flasque, aplatie, et les pressions qu’on exerce sur sa face rectale font refluer par l’urèthre le pus contenu dans le foyer.

Ce dernier phénomène s’observe aussi dans les cas de cavernes prostatiques à parois coriaces et indurées. Si la caverne communique avec l’urèthre, la vessie se vide en partie par le canal, en partie dans la poche qui se laisse distendre, puis l’urine s'échappe goutte à goutte, et l’on observe une variété d’incontinence qu’il est utile de savoir distinguer. En pénétrant avec l’extrémité d’une sonde dans une poche de cette nature, on a la sensation d’une cavité trop petite pour être la vessie, trop spacieuse pour n’être que l’urèthre dilaté. Chassaignac dit, à ce propos, que *. « Lorsque l’esprit n’est pas prévenu de l’existence de ces cavernes prostatiques, on peut croire qu’on est arrivé dans une vessie rétractée et profondément alté= rée. Une telle méprise empêcherait de pénétrer dans la vessie et de remédier aux accidents qu’entraîne la lésion réellement existante (1). »

(1) Chassaignac, Traité de la suppuration. Paris, 1859, t. II. p. 430*

DIAGNOSTIC

Lorsque les lésions prostatiques sont anciennes, lorsque les parties molles de la région sont indurées par des trajets lîstuleux, et surtout lorsque le rectum lui-même participe aux phénomènes inflammatoires, ou se trouve le siège d’un rétrécissement, le diagnostic offre parfois de grandes difficultés. La paroi rectale se présente au doigt comme un mur calleux, induré ou déformé, et l’analyse des sensations perçues par le loucher seul devient très difficile. Dans les cas de ce genre, l’étude attentive des antécédents, l’exploration minutieuse du canal et des fistules, devront concourir pour une large part à la détermination exacte des lésions et de leurs causes.

Les trajets fistuleux peuvent être explorés avec une grande précision à l’aide des stylets et des injections colorées. Il est au surplus quelques symptômes qui ne laissent aucun doute sur la nature des lésions. L’issue de l’urine, par le rectum ou le périnée, est de ce nombre. L’urine sort par l’anus ou par les trajets fistuleux, au moment de la miction seulement. L’écoulement n’est pas incessant et se distingue par là de celui qu’on observe en cas de fistule vé si co-rectale. On sait inversement que les matières fécales et les gaz venus du rectum peuvent s’engager dans la perte de substance prostatique et de là gagner le canal de l’urèthre. Sur l’un des malades de M. Guyon, l’issue des gaz rectaux par l’urèthre s’accompagnait d’un sifflement singulier, et j’ai observé un cas dans lequel la communication urélhro-rectale se révélait aussi par un phénomène assez curieux. Le malade, atteint de rétrécissement rectal et soumis à la dilatation par les mèches, rendait chaque jour par l’urèthre une quantité notable decérat. ( Voy . obs. 19.)

CYSTITE.

Les signes qui permettent le diagnostic des abcès prostatiques, à leurs différentes périodes, nous sont maintenant connus, et je puis aborder l’étude de leur diagnostic différentiel.

Quelques auteurs font le diagnostic différentiel de la prostatite et des calculs de la vessie ; et Thompson pense que, « dans la prostatite, il y a souvent un peu de sang à la fin de la miction comme dans la pierre (1) ». Une pareille confusion parait difficile et je n’insisterai pas.

La cystite du col présente certaines analogies avec la prostatite, mais elle s'en distingue par une série de considérations que l’on trouve réunies dans le tableau suivant emprunté à M. Fournier (2).

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