‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 7 sur 74 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

TRAITEMENT

Utilité d’un traitement antiphlogistique énergique au début des phlegmasies prostatiques. — Emissions sanguines locales. — Règles

du cathétérisme. — Ponction capillaire de la vessie 127

Nécessité d’une intervention hâtive et complète au début de la période suppurative. — Le pus des abcès prostatiques est accessible dans trois régions. — Règles opératoires pour l’ouverture uréthrale, pour Fincision périnéale et pour l’incision rectale. — Hémorrhagies possibles à la suite de cette dernière. — La recherche du pouls rectal permet de les éviter. — Valeur comparative et choix de l’une des trois méthodes. — La règle absolue c’est d’inciser à temps là où le premier indice de suppuration se laisse percevoir. — Attendre la fluctuation vraie, c’est inciser trop tard. —

TABLE DES MATIÈRES

Pages.

Signes qui révéleront la formation du pus du côté du rectum, du périnée ou de l’urèthre. — Inciser par le rectum ou par le périnée toutes les fois que les circonstances le permettent 133

Traitement des complications. — Nécessité de surveiller et d’activer la cicatrisation. — Utilité de la. sonde à demeure dans certains cas particuliers. — Conduite à tenir toutes les fois qu’il y a disproportion entre les dimensions de la cavité suppurante et celles des orifices par lesquels s’écoulent les produits de la suppuration. — Taille

de Lallemand 139

Traitement des fistules. — Indications premières. — Importance du cathétérisme. — Sonde à demeure et cathétérisme intermittent. — L’une et l'autre méthode doivent être employées suivant les cas particuliers. — Cas dans lesquels le seul détournement des urines peut suffire à la guérison. — La modification directe des trajets fistuleux s’impose le plus souvent comme indication formelle. — Traitement des fistules uréthro-périnéales. — Injections irritantes.

— Incision. — Débridement. — Fer rouge. — Incurabilité. — Traitement des fistules uréthro-rectales. — Succès obtenus à l'aide de la cautérisation par le thermo-cautère. — Combinaison de la cautérisation au cathétérisme. — En présence des fistules rebelles à la cautérisation, les indications d’une intervention chirurgicale plus directe peuvent se poser. — Nécessité absolue de déterminer le siège précis de la fistule avant de rien entreprendre. — Opération d’Astley Cooper. — Réunion immédiate primitive tentée par Thompson. — Réunion immédiate secondaire 142

Observations . loi

Tableau résumant 115 observations d'abcès prostatiques ou péri-

prostatiques 211

Analyse de ces 115 observations au point de vue de l’âge. . . . 227

Analyse de ces 115 observations au point de vue des causes. . 227

Analyse de ces 115 observations au point de vue de la marche. 231

Analyse de ces 115 observations au point de la durée et de la

terminaison 232

Planches 237

Bibliographie 245

Paris. — Typographie G. Chamerot, 19. rue des Saints-Pùres. — 92ii2.

PRÉFACE

Je me propose d’étudier dans celte thèse les abcès chauds de la prostate et l’inflammation du tissu cellulaire qui l’entoure.

L’idée première de ce travail appartient à mon maître, M. le professeur Guyon. Je veux lui exprimer, à cette place, toute ma reconnaissance pour les conseils qu’il n’a cessé de me prodiguer pendant le cours de mes recherches. L’année précieuse que je viens de passer à l’hôpital Necker m’a permis d’observer plusieurs malades atteints de suppuration prostatique ou périprostatique. Leurs observations, jointes à celles que j’ai empruntées aux divers auteurs, et surtout à la pratique antérieure de M. Guyon, forment un total de 115 cas, sur lesquels se basent mes conclusions principales.

Certes, l’histoire des abcès de la prostate n’est pas

PRÉFACE

née d’hier et, lorsqu’on envisagée la série des auteurs qui ont abordé le sujet de près ou de loin, on pourrait le croire épuisé; ce serait une erreur. On a beaucoup écrit sur les suppurations prostatiques; mais, depuis l’article classique de Velpeau, dans le Dictionnaire en 30 volumes, on n’a pas, que je sache, publié, sur ce chapitre spécial des maladies des voies urinaires, un travail d’ensemble consacré exclusivement à l’étude des suppurations franches de la prostate. Trop souvent , la fonte tuberculeuse et les abcès non spécifiques de la glande se trouvent associés dans une description commune. Une distinction tranchée est cependant nécessaire.

Le phlegmon prostatique a sa physionomie propre.

La tuberculisation de la g’iande représente à son tour une individualité morbide parfaitement définie : c’est une véritable phthisie de l'organe. Tantôt, elle survient à titre de lésion concomitante au milieu d’un ensemble symptomatique g’rave, caractérisé par la tuberculisation progressive de l’appareil g*énito - urinaire et mortel , à brève échéance, de par la généralisation de la diathèse. Tantôt le tubercule se localise davantage. Ces différentes éventualités ne sauraient modifier le caractère propre de la maladie.

Le tuberculeux, qu’il ait ou non des tubercules

PRÉFACE

dans la prostate, a tous droits à la blennorrhagie. Il peut, du môme chef, contracter une prostatite suppurée franche qui prête à confusion, par ce fait qu’il existe déjà des manifestations diathésiques. Mais, dans les cas de ce g'enre, la diathèse ne peut influencer que le pronostic et le terrain n’a rien à voir avec la nature intime de la maladie accidendentelle. Tuberculeux ou non, le malade a un abcès de la prostate qu’il faut nettement séparer de la destruction tuberculeuse proprement dite, malgré des analogies symptomatiques parfois très grandes. C’est là ce qu’on ne dit pas assez.

Cette distinction est capitale et mon cadre se trouve dès lors tracé : les suppurations franches de la prostate doivent seules m’occuper.

Ainsi réduite aux limites que lui assignent l’anatomie pathologique et la clinique, l’histoire des abcès prostatiques reste néanmoins fort longrie; elle se prête à des considérations nombreuses qu’il faut coordonner. Je m’efforcerai de retracer les traits essentiels de cette étude, en m’appliquant à mettre en évidence certains faits importants qui, pour avoir été signalés, n’en sont pas moins restés dans l’ombre.

Les phénomènes de propagation inflammatoire et les fusées purulentes, qui trouvent leur point de départ au niveau de la prostate, sont de ce nom-

PREFACE

bre. Leur connaissance précise est indispensable. Dangereux par leurs effets immédiats, ils compromettent souvent l’avenir, en laissant après eux des décollements étendus et des trajets fistuleux intarissables. Je leur accorderai les développements qu’ils méritent, et je chercherai dans quelle mesure les connexions anatomiques de l’organe malade peuvent influencer leur nature, leur mode de production et leur marche. En un mot, j’étudierai cette forme grave, à laquelle M. Guyon donne le nom de prostatite phlegmoneuse diffuse.

La suppuration intra-proslatique exige à son tour quelques développements spéciaux au point de vue de la palhogénie et du siège originel du processus inflammatoire. Les différents auteurs qui ont abordé cette question, professent un éclectisme un peu trop étendu à mon avis. J’établirai le rôle important qu’il faut accorder ici à l’élément glandulaire. Je dois cette partie intéressante de mon travail à mon ami M. Ed. Brissaud. Les recherches histologûques qu’il a faites, sur ma demande, me permettent de fournir la preuve anatomique des idées que je cherche à faire prévaloir. Je lui dois, en outre, les planches qui figurent à la fin de cette Thèse.

Enfin, je m’attacherai à déterminer les règdes générales du traitement et les indications précises de l'intervention chirurgicale. L’exploration directe,

PREFACE

les symptômes généraux et, en particulier, la marche de la fièvre nous fourniront à cet égard des renseignements précieux.

Tels sont les points principaux sur lesquels je me réserve d’insister. Leur exposé montre que l’histoire complète des abcès de la prostate demande une étude nouvelle; c’est elle que je vais entreprendre, en m’efforçant de lui donner tous les caractères d’un travail d’ensemble.

DE

Page 1